Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

Il l’a également rapporté avec une chaîne de transmission sûre [d’après] (1) Masrûq, lequel dit : « Les vœux sont de deux sortes : un vœu pour Allâh et un vœu pour Satan ; ce qui est pour Allâh, acquitte-toi-en, et ce qui est pour Satan, il n’y a ni accomplissement ni expiation » (2).

Quant à la parole d’Ibn ʿAbbâs : « Ce qui est pour Allâh » (3), elle implique l’exécution ou l’expiation ; et l’ensemble des versions sûres et abondamment transmises d’Ibn ʿAbbâs montrent qu’à son avis, quiconque fait un vœu pour Allâh doit impérativement l’exécuter ou l’expier.

L’acquittement consiste parfois à accomplir l’objet même du vœu, parfois à accomplir ce qui en tient lieu, que le vœu porte sur une obéissance ou une désobéissance, que la personne en soit capable ou non.

Quant à sa parole dans ce ḥadith : « Et ce qui est pour Satan, point d’acquittement ni d’expiation », il s’agit du vœu formulé pour autre qu’Allâh, tel le vœu adressé aux tāghoûts, aux églises, aux synagogues, aux tombes des prophètes et des pieux, et autres semblables ; car le vœu fait pour eux est un vœu pour autre qu’Allâh, tout comme le serment prêté par autre qu’Allâh.

En effet, ʿUqbah ibn ʿÂmir a dit : « Le vœu est un serment » (4). C’est lui qui a rapporté du Prophète — que les prières et la paix d’Allâh soient sur lui — l’histoire concernant sa sœur, et il a également rapporté ces paroles : « L’expiation du vœu est l’expiation du serment. » Muslim l’a consigné dans son Ṣaḥīḥ (5).

Or, quiconque prête serment par les créatures, son serment n’a aucune valeur et ne comporte aucune expiation (6) ; il en va de même de celui qui fait un vœu aux créatures, contrairement à celui qui fait un vœu pour Allâh qu’il considère comme un moyen de se rapprocher de

(1) La longueur exacte du mot m’échappe ; on peut restituer ما أثبتُّ (ma athbattu). (2) Rapporté par ʿAbd al-Razzāq dans son Muṣannaf (vol. 8, p. 462), par Ibn Abī Shayba (no 12277) et d’autres. La version d’Ibn Abī Shayba porte : « Le vœu est double : un vœu pour Dieu et un vœu pour Satan ; ce qui est pour Dieu implique exaucement et expiation, ce qui est pour Satan n’implique ni exaucement ni expiation. » (3) Le copiste a ajouté en marge « فيه » et, au-dessus, la lettre « ظ ». (4) Déjà cité supra, p. 118. (5) (Ḥ. 1645), déjà mentionné ci-dessus. (6) Voir supra, p. 93.
ورواها بإسناد ثابت [عن] (١) مسروق أنه قال: النذر نذران؛ فنذرٌ لله ونذرٌ للشيطان، فما لله فأوفِ به، وما كان للشيطان فلا وفاء ولا كفارة (٢) . وقول ابن عباس: ما كان لله (٣) ؛ ففيه الوفاء أو كفارة، مع سائر الروايات الثابتة المستفيضة عن ابن عباس تدل على أنه لا بُدَّ عنده فيمن نذر شيئًا لله أن يفي به أو يكفر. والوفاء تارة يكون بفعل المنذور، وتارة بفعل بدله، وسواء كان المنذور طاعة أو معصية، وسواء قدر أو عجز. وأما قوله في هذا الحديث: «فما كان للشيطان فلا وفاء ولا كفارة» فالنذر الذي ينذر لغير الله كالنذر للطواغيت وللكنائس والبِيَع وقبور الأنبياء والصالحين وغير ذلك= فإن النذر لها نذر لغير الله، فهو كالحلف بغير الله. فإنَّ عقبة بن عامر قال: النذر حَلِفٌ (٤) ، وهو الذي روى عن النبي - صلى الله عليه وسلم - قصة أخته، وروى عنه أنه قال: كفارة النذر كفارة يمين. رواه مسلم في صحيحه (٥) . ومن حلف بالمخلوقات لم تكن يمينه محترمةً ولا كفارة فيها (٦) ، كذلك من نذر للمخلوقين، بخلاف من نذر لله ما يعتقده قربة يتقرب به إلى
(١) مقدار كلمة لم أستطع قراءتها، وتحتمل ما أثبتُّ. (٢) أخرجه عبد الرزاق في مصنفه (٨/ ٤٦٢)، وابن أبي شيبة (١٢٢٧٧) وغيرهما. ولفظ ابن أبي شيبة: النذر نذران: فنذر لله ونذر للشيطان؛ فما كان لله ففيه الوفاء والكفارة، وما كان للشيطان فلا وفاء ولا كفارة. (٣) ألحق الناسخ في الهامش (فيه) وفوقها حرف (ظ). (٤) تقدم في (ص ١١٨). (٥) (ح ١٦٤٥) وقد تقدم. (٦) انظر ما تقدم (ص ٩٣).

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