Allah – exalté soit-Il – dit :
« Il y a certes pour vous un excellent modèle en Ibrâhîm et en ceux qui étaient avec lui. »
[Al-Mumtaḥana : 4]
Quant à Ibrâhîm – que la prière d’Allah et Son salut soient sur lui –, lorsqu’il reçut l’ordre d’égorger son fils puis que cela lui fut interdit, Allah le racheta par l’immolation d’un bélier (1), faisant de celui-ci le substitut de l’obligation première, à savoir le sacrifice du fils.
L’obligation née du vœu est semblable à celle instituée par la Loi : lorsque l’acte originel devient impossible, on se reporte au substitut. Ainsi, si quelqu’un fait vœu de jeûner un jour puis rompt son jeûne pour une excuse valable, il devra jeûner un autre jour en remplacement. C’est pourquoi, si la personne remplace la chose vouée par une meilleure, cela lui suffit, comme s’il a fait vœu de prier dans la mosquée al-Aqṣâ et qu’il prie dans l’une des deux autres mosquées – la Mosquée sacrée ou la Mosquée du Prophète –, cela le dispense (2).
De là, l’avis apparent d’Aḥmad, d’Abû Ḥanîfa et d’autres veut qu’il soit permis de substituer à l’offrande rituelle (hady) ou au sacrifice (‘aḍḥiyah) une bête meilleure (3). Il n’en va pas de même lorsque le Législateur désigne Lui-même l’acte : Il ne spécifie une chose que lorsqu’elle est la meilleure, tandis que l’auteur du vœu peut désigner un acte alors qu’un autre lui est supérieur.
Il est donc permis d’accomplir, pour le compte du défunt, tout vœu qu’il n’a pas exécuté – y compris la retraite spirituelle (i‘tikâf) et la prière – selon l’avis le plus authentique rapporté d’Aḥmad. En effet, le Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue – a assimilé le vœu à une dette qui pèse sur le défunt ; or une dette peut être acquittée par autrui, et Allah est plus digne encore qu’on s’acquitte envers Lui (4). Il accepte également qu’on le fasse par quelque chose de meilleur. Toutefois, autrui n’accomplit pour le défunt des actes cultuels corporels qu’en cas d’incapacité, car il ne s’agit pas de son propre corps et celui d’autrui ne lui est pas supérieur ; la situation revient donc au cas où l’on a fait vœu d’une adoration vertueuse