Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

Les disciples d’Aḥmad, tels qu’Abû al-Khaṭṭâb et Abû Muḥammad, ont déclaré :
« Il s’agit d’un vœu de désobéissance ; or, pour un tel vœu, l’expiation requise est celle du serment, selon l’opinion apparente de l’école d’Aḥmad, ainsi que cela est rapporté des Compagnons. Dans d’autres cas, il a émis une fatwâ prescrivant l’immolation d’un bélier, conformément au récit transmis par ʿAṭâʾ et ʿIkrima d’après Ibn ʿAbbâs. »
Tel est également le choix de nombreux de ses disciples, comme le qâḍî Abû Yaʿlâ et ses partisans.
D’autres, parmi ses élèves – al-Khirâqî et d’autres – rapportent d’Aḥmad, au sujet de celui qui jure de sacrifier son propre enfant, deux versions :
– selon la première, il doit s’acquitter de l’expiation du serment ;
– selon la seconde, il doit immoler un bélier (1).

Cependant, la plupart des textes attribués à Aḥmad établissent une distinction entre celui qui jure de le faire et celui qui en fait un vœu ; il s’agit là de la quatrième opinion de sa madhhab. De ces textes, il ressort que l’on répond par l’expiation du serment lorsqu’il s’agit d’un serment, et par l’immolation d’un bélier lorsqu’il s’agit d’un vœu. En effet, son principe est que quiconque jure en se liant à un vœu obligatoire doit une expiation de serment ; à plus forte raison s’il jure par un vœu qui n’est pas obligatoire en lui-même, mais dont le substitut l’est !

Une situation analogue serait qu’il dise : « Si je fais telle chose, il m’incombe de jeûner le jour de la fête. » Dans ce cas, l’expiation du serment suffit et il n’a pas à jeûner – il n’y a là aucune divergence. Car s’il disait : « Si je fais cela, je dois à Allah de jeûner », l’expiation suffirait ; de même, s’il disait : « Si je fais cela, je dois à Allah d’offrir une bête de grande taille (budnah) ou cent chameaux », l’expiation suffirait sans aucune controverse dans son école. Comment, dans notre cas, l’expiation ne suffirait-elle pas ?

En revanche, si quelqu’un formule ce vœu par esprit de dévotion, croyant que le sacrifice de son fils ou de sa propre personne est un acte qui le rapproche d’Allah, la réponse est alors qu’il doit immoler un bélier, comme l’a dit Ibn ʿAbbâs, et l’on invoque la parole d’Allah :

« Certes, vous avez dans le Messager d’Allah un excellent modèle »
[Al-Ahzâb : 21] — c’est-à-dire Ibrâhîm, car

(1) Mukhtaṣar al-Kharaqī, p. 242 ; Sharḥ al-Zurqashī, t. 7, p. 100 ; al-Furūʿ, t. 11, p. 79.
أحمد كأبي الخطاب وأبي محمد قالوا: لأنَّ هذا نذر معصية، ونذر المعصية فيه كفارة يمين في ظاهر مذهب أحمد، كما نقل عن الصحابة في ذلك، وأفتى في مواضع بكبش، كما نقل عطاء وعكرمة عن ابن عباس، وهو اختيار كثير من أصحابه: كالقاضي أبي يعلى وأتباعه، وطائفة من أصحابه كالخرقي وغيره قالوا عن أحمد فيمن حلف ينحر ولده روايتان: إحداهما يلزمه كفارة يمين، والأخرى يذبح كبشًا (١) . لكن أكثر نصوص أحمد تُفرِّق بين أن يحلف بذلك وبين أن ينذر ذلك؛ وهو القول الرابع في مذهبه، وهذا مقتضى نصوصه بالجواب بكفارة يمين فيمن حلف بذلك، وبالكبش فيمن نذر ذلك، لأنَّ من أصله أن من حلف بالنذر الواجب فعليه كفارة يمين. فكيف إذا حلف بالنذر الذي لا يجب بعينه بل يجب بدله؟! ونظير هذا لو قال: إنْ فعلت كذا فعليَّ أنْ أصوم يوم العيد، فهنا تجزئه كفارة يمين ولا يحتاج إلى صوم لا نزاع فيه، فإنه لو قال: إِنْ فعلت كذا فلِلّه عليَّ أَنْ أصوم؛ أجزأته كفارة يمين، وكذلك لو قال: إِنْ فعلت كذا فلله عليَّ أَنْ أهدي بدنة أو مائة من الإبل؛ أجزأته كفارة يمين بلا خلاف في مذهبه، فكيف لا تجزئ هنا كفارة يمين؟! وأما إذا نذره على وجه التبرر يعتقد أن ذبح ابنه أو نفسه قربة يتقرب بها إلى الله، فهنا يكون الجواب بأنه يذبح كبشًا، كما قال ابن عباس ويقال: {لَقَدْ كَانَ لَكُمْ فِي رَسُولِ اللَّهِ أُسْوَةٌ حَسَنَةٌ} [الأحزاب: ٢١] وهو إبراهيم، فإنَّ
(١) مختصر الخرقي (ص ٢٤٢)، شرح الزركشي (٧/ ١٠٠)، الفروع (١١/ ٧٩).

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