Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

Quiconque affirme péremptoirement l’erreur des Compagnons sans autre fondement que son ignorance mérite davantage l’erreur qu’eux. Il ne fait aucun doute que celui qui conçoit un consensus sur cette question se trompe à coup sûr, surtout s’il imagine un consensus quant à l’effectivité du divorce ; en effet, la divergence concernant l’effectivité du divorce est notoire chez plus d’un savant, anciens comme contemporains. Certains soutiennent que le divorce suspendu à une condition ne prend jamais effet ; d’autres distinguent entre la suspension voulue comme serment et celle voulue comme prononcé effectif ; selon cette seconde opinion, lorsqu’il s’agit d’un serment, le divorce ne devient pas exécutoire, et la question de savoir s’il faut acquitter une expiation fait l’objet de deux positions. Nous avons donc ici trois avis supplémentaires au sein des musulmans, et ce sont des avis [connus][1] ; l’erreur de celui qui ignorait cette divergence est donc établie avec certitude.

Quant aux Compagnons que certains ont déclarés fautifs, ils n’ont formulé aucune parole dont l’erreur soit manifeste ; bien au contraire, le Livre, la Sunna et la raison attestent de la justesse de leurs propos – qu’Allah les agrée. Comment, dès lors, juger qu’ils se sont trompés sans relever l’erreur de ceux dont nous savons avec certitude que la transmission comporte des inexactitudes à leur sujet, voire à l’égard d’autres Compagnons et Successeurs ?

S’agissant d’un Compagnon dont aucune fatwā n’a été rapportée, ni en faveur de l’obligation ni en matière d’excommunication, il n’est pas permis d’affirmer qu’il considérait le divorce – ou le divorce juré – comme obligatoire. Que dire alors si l’on rapporte de lui qu’il a déclaré : « L’affranchissement juré n’est pas obligatoire ; il suffit d’acquitter l’expiation du serment. » Comment, en présence d’une telle parole, prétendre qu’il aurait [cru][2] à une distinction que l’on sait erronée, alors même qu’il n’a opéré aucune distinction ?

Quatrième aspect : la transmission des écoles juridiques procède par déduction et argumentation[3].[4]

(1) Une addition nécessaire à la cohérence du propos. (2) Une addition nécessaire à la cohérence du propos, si Dieu le veut. (3) Voir les développements de l’auteur sur la transmission des écoles (p. 382-383, 397, 414-415). (4) Je n’ai pas retrouvé la suite de ce feuillet.
ومن جزم بخطأ الصحابة ولا مستند له إلا عدم علمه كان هو أحق بالخطأ من الصحابة، ولا ريب أن من ظن إجماعًا في هذه المسألة فهو مخطئ قطعًا، لا سيما من ظن إجماعًا على وقوع الطلاق، فإن النزاع في وقوع الطلاق معروف عن غير واحد من العلماء قديمًا وحديثًا؛ منهم من يقول الطلاق المعلَّق بالصفة لا يقع بحال، ومنهم مَنْ يُفَرِّق بين التعليق الذي يقصد به اليمين والذي يقصد به الإيقاع؛ وعلى هذا القول فإذا قصد به اليمين لم يلزمه، وهل عليه كفارة؟ على قولين؛ فهذه ثلاثة أقوال أخر للمسلمين وهي أقوال [معروفة] (١) ، فخطأ من لم يعلم النزاع معلوم قطعًا. وأما الصحابة الذين خَطَّأهم هؤلاء فلم يقولوا قولًا يظهر فيه خطؤهم، بل الكتاب والسنة والاعتبار يدل على صواب أقوال الصحابة - رضي الله عنهم -، فكيف يحكم بخطئهم دون خطأ الذين قد علمنا قطعًا أن في نقلهم خطأ عليهم، بل وعلى غيرهم من الصحابة والتابعين؟ ! فإنه من لم يُنقل عنه من الصحابة فتيا لا بالتكفير ولا باللزوم لا يجوز أن يقول: هو كان يعتقد لزوم الطلاق أو الطلاق المحلوف به؛ فكيف إذا كان مِنْ قوله: أَنَّ العتقَ المحلوف به لا يلزم بل يجزئ فيه كفارة يمين؟ كيف يجوز مع ذلك أن يحكم عليه أنه [اعتقد] (٢) فرقًا يعلم أنه خطأ وهو لم يفرق؟ الوجه الرابع: أن نقل المذاهب بالاستنباط والاستدلال (٣) . (٤)
(١) إضافة يستقيم بها الكلام. (٢) إضافة يستقيم بها الكلام إن شاء الله. (٣) انظر كلام المؤلف الآتي حول نقل المذاهب (ص ٣٨٢ - ٣٨٣، ٣٩٧، ٤١٤ - ٤١٥). (٤) تكملة هذه الورقة لم أعثر عليه.

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies