Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

une question analogue comme étant identique à son avis dans celle-ci, ou bien garder le silence quant à toute extrapolation. En revanche, considérer que son propos dans la question analogue contredit son propos dans la première et le déclarer ensuite fautif : voilà ce qu’aucun savant ne ferait à l’égard de quelqu’un de rang inférieur à celui des Compagnons – a fortiori vis-à-vis des Compagnons eux-mêmes ; quiconque mesure ses paroles ne s’autoriserait pas pareille démarche, et je ne connais pas de savant qui l’ait jamais adoptée envers les Compagnons.

Car Abû Thawr, tout en pensant qu’il existait un consensus, établit clairement une distinction entre le divorce et l’affranchissement. D’après son opinion, ces Compagnons ont donc différencié divorce et affranchissement, et cette distinction est fondée ; [1] elle constitue le jugement d’Allah – exalté soit-Il – et de Son Messager ﷺ. Abû Thawr ne prétend nullement qu’ils aient opéré cette distinction puis qu’ils se soient trompés en la faisant.

Quant à ceux qui tiennent cette distinction pour nulle et placent divorce et affranchissement sur le même plan, que ce soit quant à leur caractère contraignant ou non – à l’instar des autres savants parmi les imams : Abû Ḥanîfa, Mâlik, al-Awzâʿî, ath-Thawrî, ash-Shâfiʿî, Aḥmad ibn Ḥanbal, ainsi que Dâwûd [ibn ʿAlî][2] et d’autres – aucun d’entre eux n’a rapporté le moindre consensus, ni sur l’effectivité du divorce ni sur celle de l’affranchissement[3].

Ceux qui sont venus après Abû Thawr, tels Muḥammad ibn Naṣr et Ibn ʿAbd al-Barr, ont transmis le « consensus » qu’Abû Thawr avait imaginé, tout en assimilant divorce et affranchissement et en relatant les paroles des Compagnons qui donnaient pour avis, lorsque l’on jurait par l’affranchissement, l’expiation propre au serment. Ils se trouvent dès lors dans l’obligation de taxer les Compagnons d’erreur, de leur faire dire ce qu’ils n’ont jamais dit, et d’affirmer en plus qu’ils se sont trompés – sans disposer d’aucune preuve, si ce n’est l’imitation d’Abû Thawr concernant un consensus qui, chez lui, ne repose que sur l’absence de connaissance.

(1) Addition requise par le contexte. (2) Mot illisible, je n’ai pas pu le déchiffrer ; il pourrait s’agir de «ما أثبتّ». (3) Mot non clair ; la lecture «ما أثبتّ» pourrait être la bonne.
نظيرها كقوله فيها، أو أسكت عن التخريج، فأما أَنْ أجعل قوله في نظيرها مخالفًا لقوله فيها، ثم أحكم بخطئه = فهذا لا يفعله أحد من العلماء بأحد ممن هو دون الصحابة فضلًا عن الصحابة، ولا يُجَوِّزُ مثلَ هذا مَنْ يدري ما يقول، وما علمتُ عالمًا فعل هذا بالصحابة. فإنَّ أبا ثور وإن ظن الإجماع، فهو يقول بالفرق بين الطلاق والعتق؛ فعلى قول أبي ثور: يكون هؤلاء الصحابة فَرَّقُوا بين الطلاق والعتق، والفرق صحيح، [و] (١) هو حكم الله ــ عز وجل ــ ورسوله - صلى الله عليه وسلم -، لا يقول أبو ثور: إنهم فرقوا وأخطأوا في الفرق. ومن جعل هذا الفرق باطلًا وسَوَّى بين العتق والطلاق إما في اللزوم وإما في عدمه كسائر العلماء من الأئمة كأبي حنيفة ومالك [٩٤/ أ] والأوزاعي والثوري والشافعي وأحمد بن حنبل، بل داود [بن علي] (٢) وغيره=لم يحك أَحَدٌ من هؤلاء إجماعًا لا على وقوع الطلاق ولا [العتاق] (٣) . والذين جاؤوا بعد أبي ثور مثل: محمد بن نصر وابن عبد البر نقلوا الإجماع الذي ظَنَّهُ أبو ثور مع تسويتهم بين الطلاق والعتاق، ومع نقلهم لأقوال الصحابة الذين أفتوا في الحلف بالعتق بكفارة يمين؛ فهؤلاء يلزمهم أَنْ يُخَطِّئُوا الصحابة، وأَنْ يُقَوِّلُوهم ما لم يقولوه، ويقولوا مع ذلك إنهم أخطأوا فيه، ولا علم عندهم بذلك إلا تقليد أبي ثور في إجماعٍ ليس عنده فيه إلا عدم العلم.
(١) إضافة يقتضيها السياق. (٢) كلمة غير واضحة لم أستطع قراءتها، ولعلها ما أثبتُّ. (٣) الكلمة غير واضحة، ولعل ما أثبتُّ هو الصواب.

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies