Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

Il est notoire que, si quelqu’un [1] adoptait un tel procédé à l’égard d’une personne d’un rang inférieur à celui des Compagnons, il s’exposerait à parler sans science et à faire endosser aux notables des erreurs qu’ils n’ont jamais proférées [2], portant ainsi atteinte au droit d’Allâh et au leur ; or toute parole mensongère de cette teneur dans les affaires de la religion – au minimum – est rejetée sur son auteur.

Troisièmement : cette opinion n’a été rapportée d’aucun musulman avant Abû Thawr, et nul ne l’a transmise de quiconque avant lui ; si Abû Thawr ne l’avait pas formulée, on n’en connaîtrait aucun tenant dans l’islam. En effet, nul autre qu’Abû Thawr n’a considéré qu’un serment formulé sous la forme d’un vœu ou d’un affranchissement impliquait une expiation, ni obligé celui qui jure par le divorce à ce que le divorce prenne effet. Si cette idée avait été connue d’un Compagnon, ou si l’on avait pu la déduire de leurs paroles, les savants se seraient empressés de la transmettre de leur part, et il eût été plus pertinent de l’attribuer aux Compagnons que de la reprendre d’Abû Thawr.

S’il est avancé : « Cette transmission procède de la réunion du consensus rapporté concernant le divorce et de la divergence rapportée au sujet de l’affranchissement », nous répondons : le premier savant à avoir mentionné ce prétendu consensus est précisément Abû Thawr, et ce dernier a déclaré explicitement que, par « consensus », il n’entendait rien d’autre que l’absence de connaissance d’un contradicteur ; ainsi, tout ce qu’il tient des Compagnons se réduit à son ignorance d’une quelconque parole d’eux au sujet du divorce [3].

Or, lorsque j’ignore l’avis d’un homme sur une question alors qu’il a rendu fatwâ dans une question similaire, il ne m’est pas permis d’affirmer péremptoirement que son avis dans l’une contredit son avis dans l’autre ; je dois plutôt soit considérer que son opinion dans

(1) Mot peu clair : c’est en rétablissant la lecture que j’ai adoptée que le propos devient cohérent. (2) Au texte originel figurait « يقولونه » ; la lecture que j’ai retenue correspond à ce terme. (3) Voir ce qui précède (p. 10, p. 136 et suiv.) et ce qui suit (p. 417).
ومعلومٌ أَنَّ مثل هذا لو [٩٣/ ب] فَعَلَهُ (١) الإنسان بمن هو دون الصحابة = لكان فيه من القول بلا علم وتقويل الأكابر من الخطأ ما لم يقولوه (٢) ما فيه من حَقِّ الله وحقهم، وما يتصل بذلك من الكلام في الدين بالباطل ما يكون أقل أحواله: أن يكون مردودًا على قائله. الوجه الثالث: أن هذا القول لم يُعرف عن أحدٍ من المسلمين قبل أبي ثور، ولا نقله أَحَدٌ عن أَحَدٍ قبل أبي ثور، ولولا أَنَّ أبا ثور قاله لم يعرف به قائل في الإسلام، فلا يعرف في الإسلام من جعل في الحلف بالنذر والعتق: الكفارة، وألزم الحالف بالطلاقِ الطلاقَ إلا أبا ثور، ولو كان هذا مما يعرف عن أحد من الصحابة أو يفهم من كلامهم = لكان هذا مما يتوفر نقل العلماء له عنهم، ولكان نقل ذلك عنهم أولى من نقله عن أبي ثور. وإذا قيل: هذا النقل تركب من نقل الإجماع على الطلاق والنزاع في العتاق. قيل: أول من حكى هذا الإجماع من العلماء هو أبو ثور، وأبو ثور قد صَرَّحَ عن نفسه بأنَّ مرادي في الإجماع الذي أحكيه: عدمُ العلمِ بالمنازع؛ فليس معه عن هؤلاء الصحابة إلا عَدَمُ علمِهِ بقولهم في الطلاق (٣) . وإذا لم أعلم قول قائل في مسألة وقد أفتى في نظيرها = لم يجز أنْ أجزم عنه بأنَّ فتياه في نظيرها مخالف فتياه فيها، بل إما أنْ أجعل قوله في
(١) كلمة غير واضحة، وبما أثبتُّ يستقيم الكلام. (٢) في الأصل: (يقولونه)، والجادة ما أثبتُّ. (٣) انظر ما تقدم (ص ١٠، ١٣٦ وما بعدها)، وما سيأتي (ص ٤١٧).

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