Réponse [cinquième] : Cette femme était la mawla d’Abû Râfiʿ, or Abû Râfiʿ était son esclave, et rien, dans le ḥadith, n’indique qu’elle l’eût affranchi.
Réponse [sixième] : Celui qui ne possède pas d’esclave ne dit pas, dans son serment : « Et tout esclave qui m’appartient est affranchi » ; tel n’est pas l’usage des gens. De même, celui qui n’a pas d’épouse ne dit pas : « Toute femme qui est mienne est répudiée. » Celui qui ne possède pas de bétail ne dit pas : « Et tout chameau qui m’appartient est un hady. » Celui qui n’a pas de maison ne dit pas : « Toute maison qui est à moi est vouée en waqf. »
Il est établi que, pour déterminer la portée des vocables et de la langue, on se réfère à l’usage auquel les gens se sont accoutumés dans leur discours ; si donc l’on impose aux propos d’un locuteur un sens qu’un homme de sa condition n’a pas coutume de vouloir signifier, le raisonnement tiré de la langue se trouve vicié (1), et se ferme la porte de l’exposé qu’Allâh — qu’Il soit exalté et glorifié — a accordé à Ses serviteurs, lorsqu’Il dit (2) [95/b] [Il dit] (3) : « Le Tout Miséricordieux (1) ; Il a enseigné le Coran (2) ; Il a créé l’homme » (4) [ar-Raḥmân : 1-3].
Section
Quant à la parole de celui qui dit : « Ou peut-être les muftis ont-ils omis de lui mentionner l’affranchissement parce qu’elle en connaissait déjà la règle, et ne lui ont exposé que la règle relative au serment auquel il était associé, à savoir l’expiation »,