Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

Serait-ce encore parce que certains rapporteurs l’ont supposée ansârienne, tandis que d’autres l’ont crue quraychite ?!

Une telle ignorance, pas plus que cette divergence dans la narration, ne porte le moindre préjudice. De surcroît, la majorité des transmetteurs fiables et rigoureux n’ont absolument pas mentionné son appartenance tribale : ils n’ont dit ni qu’elle était ansârienne, ni qu’elle était parente de ʿUmar ; ils se sont contentés de citer son nom, Laylâ bint al-ʿAǧmāʾ, et certains ne l’ont même pas nommée.

À supposer que l’on écarte la version de ces premiers narrateurs, cela n’entacherait nullement la narration transmise par ces rapporteurs dignes de confiance. Il n’est d’ailleurs pas permis, en matière de témoignage, de récuser une déposition pour une raison semblable ; en effet, si plusieurs témoins comparaissent et que l’on constate que certains d’entre eux divergent d’une manière susceptible de vicier leur témoignage, cette divergence n’affecte pas la validité de la déposition de ceux qui ne divergent pas et qui n’ont rien avancé de préjudiciable. Or, la porte de la transmission des récits (riwâya) est, à plus forte raison, plus large que celle du témoignage(1).

Troisièmement : si cette divergence devait conduire à suspendre tout jugement concernant le ḥadîṯ de Laylâ bint al-ʿAǧmāʾ, il serait alors plus légitime, voire plus impératif, de le faire pour le ḥadîṯ d’ʿUthmân ibn Ḥâḍir(2), en raison de la multiplicité des divergences qu’il comporte et du fait qu’il contredit ce que les transmetteurs intègres et fiables ont rapporté des Compagnons ; nul savant ne saurait douter que les vices entachant le ḥadîṯ d’ʿUthmân ibn Ḥâḍir sont bien plus graves que ceux relevés dans le ḥadîṯ de Laylâ [88/a] bint al-ʿAǧmāʾ.

Dès lors, l’affirmation de celui qui dit : « Les imâms n’ont pas accordé aux vestiges (âthâr) la même attention qu’aux récits du Prophète — paix et bénédictions d’Allâh sur lui — quant à l’exposé de leurs défauts, à la mise en évidence de leurs divergences et à l’établissement de la version correcte, parce qu’ils considéraient que… »

(1) Minhâj as-Sunnah (t. IV, p. 198). Quant à Ibn al-Qayyim (qu’Allah lui fasse miséricorde), dans al-Ṭuruq al-Ḥukmiyya (t. I, p. 445), il critique l’emploi absolu de cette expression. (2) Le copiste a ajouté en marge le terme « abû » comme nasikh ; la discussion sur la divergence relative à son nom a été présentée précédemment (p. 257).
الرواة ظنها أنصارية وبعضهم ظنها قرشية؟! فإنَّ مثل هذا لا يضر لا جهله ولا الاختلاف فيه في الرواية، ثم جمهور الثقات الأثبات لم يذكروا قبيلتها البتة، فلم يذكروا أنها أنصارية ولا أنها قرابة لعمر، بل ذكروا اسمها ليلى بنت العجماء، وفيهم من لم يُسَمِّهَا. فلو قُدِّرَ طرح رواية أولئك لم يكن هذا قادحًا في رواية هؤلاء الثقات الأثبات، حتى إنه لا يجوز القدح بمثل ذلك في الشهادة، فلو شهد عدد من الشهود وقُدِّرَ أنَّ بعضهم اختلفوا اختلافًا يقدح في شهادتهم، لم يقدح ذلك في شهادة من لم يختلفوا ولم يذكروا ما يقدح في شهادتهم؛ مع العلم بأنَّ باب الرواية أوسع من باب الشهادة (١) . الثالث: أنه إِنْ كان هذا الاختلاف موجبًا للتوقف في حديث ليلى بنت العجماء؛ فالتوقف في حديث عثمان بن (٢) حاضر بالاختلاف الكثير الذي فيه، وبمخالفته ما رواه الثقات الأثبات عن الصحابة = أولى وأحرى، بل لا يَستريب عالم أنَّ القوادح في حديث عثمان بن حاضر أعظمُ بكثيرٍ من القوادح في حديث ليلى [٨٨/ أ] بنت العجماء. وحينئذٍ؛ فقول القائل: (إِنَّ الأئمة لم يعتنوا بالآثار كما اعتنوا بأخبار النبي - صلى الله عليه وسلم - في ذكر عللها والاختلاف فيها وتحقيق الصواب فيه، لأنهم رأوا أَنَّ
(١) منهاج السنة (٤/ ١٩٨). ولابن القيم - رحمه الله - في الطرق الحكمية (١/ ٤٤٥) اعتراض على إطلاق هذه العبارة. (٢) ألحق الناسخ (أبي) في الهامش، وقد تقدم نقل الخلاف في اسمه (ص ٢٥٧).

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