(1) ; [c’est là une parole correcte](2), laquelle prouve l’erreur de celui qui l’a compté au nombre des Compagnons, tandis que la majorité des savants soutiennent qu’il est un Tâbiʿî(3), comme on l’a vu plus haut dans leurs propos. Je n’ai connaissance de personne ayant affirmé le contraire ; et, quand bien même on supposerait que quelqu’un l’ait dit, il se serait trompé.
Quant à cette objection : « Abû Râfiʿ le forgeron-orfèvre n’est pas connu pour avoir un fils nommé ʿAbd ar-Raḥmân »(4), elle ne fait que nier une chose que l’orateur ignore ; il se peut fort bien qu’il eût un fils appelé ʿAbd ar-Raḥmân sans que celui-ci le sache. Et à supposer même qu’il n’eût véritablement aucun fils, le seul résultat serait que la transmission d’Iyâs ibn Abî Tamîmah d’après ʿAbd ar-Raḥmân est défectueuse, de sorte que son existence équivaut à son inexistence. Cela ne porte aucune atteinte au récit des rapporteurs dignes de confiance qui ont affirmé qu’il était le mawlâ de Laylâ bint al-ʿAjmâʾ et que sa maîtresse prononça un serment. Une telle histoire est inévitablement retenue par celui qui en fut l’éprouvé : c’est lui-même que sa dame voulut séparer de son épouse, et c’est lui qui alla trouver certains Compagnons et Mères des croyants pour qu’ils la dissuadent et lui indiquent le moyen de se libérer de son serment. Un fait de cette nature est mémorisé même par le commun des gens lorsqu’il leur arrive ; que dire alors d’un homme réputé pour porter et transmettre la science ! Al-Bukhârî et Muslim ont d’ailleurs retenu ses ḥadîth dans leurs Ṣaḥîḥ, notamment son récit d’après Abû Hurayrah – qu’Allâh l’agrée –(5).