qu’il transmet. Or, dès que l’on vérifie ce qu’il rapporte, on y découvre quantité de confusions qu’aucune personne ne saurait excuser.
Il altère ainsi la formulation même du ḥadith et le présente comme étant confus, alors qu’il n’y a là nulle confusion et qu’aucune des voies de transmission n’a divergé sur ce point. Dans la version rapportée par Jisr, il est seulement indiqué que Zaynab lui a envoyé quelqu’un, tandis que, dans la narration de Sulaymān al-Taymī, il est dit qu’elle se rendit effectivement auprès d’elle. Cela ne constitue pas une contradiction : Ibn ʿUmar, en effet, lui envoya d’abord un messager, puis vint à son tour ; il se peut donc que Zaynab ait agi de la même manière, envoyant d’abord quelqu’un avant de se déplacer elle-même.
Et quand bien même l’on considérerait qu’il s’agit là d’une divergence, un tel écart n’entache en rien l’authenticité de la narration, de l’avis unanime des spécialistes du ḥadith. Des variantes de cet ordre se rencontrent jusque dans les deux Ṣaḥīḥs, dont les musulmans reconnaissent unanimement la solidité (1). Il en va de même pour les récits relatant Badr, Uḥud, la Tranchée et d’autres événements transmis par voie récurrente ; on y trouve des différences analogues. De même, dans certains ḥadiths du Messager d’Allah — que les prières et la paix d’Allah soient sur lui —, apparaissent de telles variations inoffensives : ainsi, les rapporteurs ont divergé sur le montant payé pour le chameau de Jābir, bien que ce ḥadith soit, de l’avis (3) [84/b] des savants, parfaitement authentique, et qu’ils ne fassent que diverger sur la somme exacte (4).