Il a été établi que Sulaymân n’a pas été l’unique transmetteur de cette version ; il n’est donc pas recevable d’expliquer sa narration par la prétendue singularité. Et à supposer même que l’isolement fût un motif de rejet, s’il était suivi, sur ce point, par un narrateur entaché d’un blâme, il ne serait déjà plus considéré comme solitaire aux yeux des spécialistes du ḥadîth (1) ; que dire alors lorsqu’il est suivi par Ashʿath b. ʿAbd al-Malik al-Ḥamrânî (2), grand imâm, et par Jusr b. al-Ḥasan, cheikh à propos duquel nous ne connaissons aucune critique (3) avérée (4) ? La transmission de ces deux-là est d’ailleurs reconnue comme authentique par l’ensemble des connaisseurs du ḥadîth.
Ont, entre autres, rapporté cette tradition d’Ashʿath : Muḥammad b. ʿAbd Allâh al-Anṣârî al-Qâḍî et Rûḥ b. ʿUbâda. Et l’ont rapportée de Jusr, notamment : al-Awzâʿî. Tout cela impose la certitude que Sulaymân al-Taymî n’a pas été seul à mentionner l’affranchissement ; l’argument qui voudrait attribuer cette mention à son isolement s’en trouve donc caduc.
De plus, Sulaymân al-Taymî, quant à lui, est un transmetteur digne de confiance, imâm et juriste ; en science, en jurisprudence, en mémorisation et en piété, il surpasse tous ceux qui ont rapporté ce ḥadîth de Bakr b. ʿAbd Allâh al-Muzanî.
Ainsi, lorsque l’on dit : « Il a été seul à mentionner l’affranchissement », alors que nous savons que tel et tel l’y ont suivi, il devient certain qu’il n’y a pas été seul ; l’explication par l’isolement est donc annulée, quand bien même elle constituerait, à elle seule, une cause de faiblesse. Et puisque tu as compris qu’il n’a pas été isolé, et que