Quant à son affirmation :
« Et nous savons que la doctrine d’al-Awzāʿī est que l’affranchissement devient effectif lorsqu’on jure par lui » (1),
nous répondrons :
Ceci même est un argument en notre faveur ; en effet, s’il l’a rapporté malgré le fait que cette version contredit son propre avis, c’est la preuve que la mention de l’affranchissement est bien attestée et conservée dans le ḥadîth. Quant au désaccord de son opinion personnelle avec cette version, il est notoire que la question fait l’objet d’une controverse parmi les Tābiʿīn et leurs successeurs, et l’on rapporte même qu’elle fut débattue par les Compagnons. Or, les juristes-traditionnistes – qui connaissent mieux les vestiges prophétiques et y adhèrent plus scrupuleusement qu’al-Awzāʿī –, tels Aḥmad, Isḥāq, Muḥammad b. Naṣr et d’autres, ont également transmis cette addition (2) par des chaînes de transmission plus solides que celle d’al-Awzāʿī, puis l’ont laissée de côté en raison de l’opposition (3) qu’elle rencontrait avec d’autres traditions qu’ils détenaient. Al-Awzāʿī serait-il donc dispensé d’agir de la sorte ?! (4)
Voici d’ailleurs Mālik rapportant des ḥadîths (5) dans lesquels certains transmetteurs ajoutent ce que d’autres n’ont pas mentionné ; et si Ḥumayd (6) avait contesté ce qu’ont affirmé Sulaymān al-Taymī et Ashʿath, on aurait donné raison à ces deux-là contre ceux-ci. Que dire, alors, lorsqu’ils affirment un point sur lequel ces derniers ne se sont nullement prononcés, ni pour l’infirmer ni pour le confirmer ?
Par ailleurs, l’auteur de la réponse n’a pas authentifié, par ce procédé, la version de Sulaymān, comme le prétend l’opposant (7), mais