lorsqu’il s’agit d’un traditionniste dont aucune erreur n’a été relevée ; or, n’attribue la parole des maîtres du ḥadîth à l’erreur, sans aucune preuve ni même l’ombre d’un indice, sinon celui qui est le plus éloigné du savoir et de la religion (1).
Et, à supposer que l’un d’eux se soit effectivement trompé, il est plus juste de tenir Jisr b. al-Ḥasan pour fautif que de blâmer al-Taymî et Ashʿath, lesquels ont rapporté qu’elle avait dit : « Tout esclave qui m’appartient est affranchi. » Jisr invoque, pour étayer la mention de l’affranchissement, la corroboration qu’il reçoit, non la formulation même dans laquelle il s’écarte de personnes plus nombreuses et plus dignes de confiance que lui. Et cela vaudrait déjà s’il avait clairement exprimé un propos contraire au leur ; que dire alors quand la réalité est tout autre ?
Par ailleurs, nous avons établi que, lorsqu’elle est énoncée sans restriction, la formule du serment fondé sur l’affranchissement ne s’entend que du serment entraînant l’effectivité de l’affranchissement, et non d’un vœu de l’accomplir […] (2).
Dès lors, la remarque de l’opposant : « La formulation du serment par l’affranchissement oscille entre telle et telle signification » — s’il entend par là que le terme n’indique qu’un seul de ces sens, son indication de l’autre ne se faisant que par homonymie ou par métaphore – contredit sa propre parole : « On ne la porte pas sur ce qui lui est plus particulier », car cela montre que l’expression transmise par al-Awzâʿî est ambiguë (3) – polysémique – et non partagée entre un sens propre et un sens figuré.
Et s’il veut dire que l’expression est générale, le général n’est pas sujet au doute. Et s’il prétend ignorer lequel des deux sens a été voulu par le rapporteur alors même que l’expression est générale, c’est la preuve qu’il a compris que les deux sens étaient tenus pour équivalents par le questionneur et par les Compagnons – qu’Allâh les agrée – qui lui ont répondu, et que le questionneur a compris d’eux cette équivalence. Il suffit donc de rapporter le sens ; d’autant que des hommes plus nombreux que lui, et supérieurs à lui en mémorisation et en compréhension, ont transmis la formulation de la jurante : « Tout esclave qui m’appartient est affranchi si je fais telle chose. »