plutôt que de l’interpréter de façon à les confirmer.
Et si l’on objecte : « La formulation du serment fondé sur l’affranchissement est, en réalité, de portée générale, tandis que la consultante n’a posé sa question qu’au moyen d’une expression renvoyant à un cas particulier, expression qui ne nous a pas été transmise », nous répondrons :
Le fait même que le rapporteur emploie cette expression, ainsi que la réponse qu’il rapporte, prouve que le critère du jugement réside dans le dénominateur commun, général, présent dans les deux situations, et non dans ce qui est propre à l’une d’elles. Dès lors, le narrateur de ce ḥadith a compris, de son informateur, que les Compagnons – qu’Allāh les agrée – plaçaient les deux cas sur le même plan ; cette version se trouve donc en accord avec l’autre, non en contradiction avec elle.
Quand bien même l’on supposerait que cette expression est susceptible de plusieurs sens, l’autre version – transmise par deux chaînes – précise que la question portait sur sa parole : « Tout esclave qui m’appartient est libre », tandis que celui-ci relate, dans sa propre transmission : « Elle a juré par l’affranchissement. » Il est donc plus correct d’interpréter cette version conformément à l’autre, car le principe est l’accord des rapporteurs, non leur divergence.
En effet, si nous la comprenions comme un serment formulé sous la forme d’un vœu (nadhr)(1), il faudrait nécessairement déclarer l’une des deux versions erronée, alors qu’aucun indice, sous quelque forme que ce soit, ne prouve cette erreur. L’interpréter dans un sens concordant implique [la négation de l’erreur, et celui qui la nie](2) prime sur celui qui l’affirme, surtout lorsqu’il s’agit d’un narrateur dont aucune erreur n’est connue. L’erreur dans la transmission est, en vérité, extrêmement rare au regard de son absence, même chez ceux réputés [multiples en erreurs ; car](3) les énoncés sur lesquels ils ne se trompent pas sont, en quantité, des multiples et des multiples de ceux où ils se trompent. Dès lors, le cas rare est assimilé au cas dominant, d’autant plus lorsque