Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

Dès lors,

il existe deux possibilités : soit le ḥadith est d’application générale pour les deux situations suivantes :

[82/a]
– la situation du serment formulé comme un vœu d’affranchissement ;
– la situation du serment reposant directement sur l’affranchissement,

comme le laisse entendre la parole de l’objecteur lorsqu’il dit :

« Et nous ne l’interprétons pas en un sens plus particulier que lui » (1) ;

soit, au contraire, il est propre à l’une des deux situations, et l’énoncé relèverait alors de l’homonymie ou comporterait un sens propre et un sens figuré.

Si l’expression revêt une portée générale englobant les deux cas, l’objectif est atteint : elle indique qu’ils ont émis une fatwâ prescrivant la kaffâra (2) dans l’un comme dans l’autre.

C’est, par exemple, le cas où la consultante dirait aux Compagnons : « J’ai juré par le hady et par l’affranchissement », ou bien : « J’ai juré par l’affranchissement. » Cette dernière formule inclut sa parole : « Si je fais telle chose, mon esclave est libre », ainsi que sa parole (3) : « Il m’incombe d’affranchir mon esclave », « L’affranchissement m’est devenu obligatoire », et autres expressions similaires.

Donc, si la formulation employée par la consultante recouvre tout cela et que les Compagnons – qu’Allah les agrée – lui ont répondu par l’obligation de l’expiation, le propos de celui qui avance cet argument est validé : ils lui ont bien délivré une fatwâ prescrivant la kaffâra dans le cas objet de la controverse, puisque celui-ci fait partie des occurrences incluses dans la portée générale du terme retenu par la fatwâ.

Si l’on objecte : « L’énoncé ne vise qu’un seul cas à l’exclusion de l’autre, soit par homonymie, soit par la distinction entre sens propre et sens figuré », il est connu que l’interprétation figurée tout comme l’homonymie constituent toutes deux une entorse au principe (4) ; il est donc préférable d’attribuer à l’expression une compréhension qui les écarte plutôt que de

(1) «At-Taḥqīq» (vol. 38/b). (2) Dans le texte original : «klāhumā» ; la lecture correcte est celle que j’ai retenue. (3) Dans le texte original : «wa qawluhu» ; il est probable que la lecture correcte soit celle que j’ai retenue. (4) Majmūʿ al-fatāwā, vol. 7, p. 108 ; vol. 31, p. 167 ; al-Fatāwā al-Kubrā, vol. 4, p. 333 ; Bayān Talbīs al-Jahmiyya, vol. 1, p. 525 ; vol. 4, p. 423 ; al-Jawāb al-Ṣaḥīḥ, vol. 3, p. 198 et suiv. ; al-Īmān, p. 90. Voir également ce qui suit, pp. 877-878 et 885.
وحينئذٍ؛ فإما أن يكون الحديث عامًّا في الصورتين: [٨٢/ أ] صورة الحلف بنذر العتق وصورة الحلف بالعتق، كما يدل عليه كلام المعترض حيث قال: (ولا نحمله على ما هو أخص منه) (١) ، وإما أن يكون مختصًّا بإحداهما؛ فيكون اللفظ مشتركًا أو حقيقة ومجازًا. فإنْ كان اللفظ عامًّا لهما حصل المقصود، وَدَلَّ على أنهم أفتوا بالكفارة في كليهما (٢) ، وذلك مثل أن تقول المستفتية للصحابة: حلفت بالهدي وبالعتاقة، وقولها: حلفتُ بالعتاقة؛ يتناول قولها: إن فعلت فمملوكي حر. وقولها (٣) : فعلي أن أعتق مملوكي والعتق يلزمني ونحو ذلك. فإذا كان لفظ المستفتية يَعُمُّ هذا كله، وقد أجابها الصحابة بالكفارة في هذا= حصل مقصود المجيب، وأنهم أفتوها بالكفارة في صورة النزاع؛ إذ هي أحد أفراد اللفظ العام التي تتناولها الفتيا. فإنْ قيل: اللفظ إنما يدل على صورة واحدة دون أخرى؛ إما بطريق الاشتراك اللفظي وإما بطريق الحقيقة والمجاز، فمعلوم أَنَّ المجاز والاشتراك على خلاف الأصل (٤) ؛ فَحَمْلُ اللفظ على ما ينفيهما أولى من
(١) «التحقيق» (٣٨/ ب). (٢) في الأصل: (كلاهما)، والصواب ما أثبتُّ. (٣) في الأصل: (وقوله)، ولعل الصواب ما أثبتُّ. (٤) مجموع الفتاوى (٧/ ١٠٨) (٣١/ ١٦٧)، الفتاوى الكبرى (٤/ ٣٣٣)، بيان تلبيس الجهمية (١/ ٥٢٥) (٤/ ٤٢٣)، الجواب الصحيح (٣/ ١٩٨ وما بعدها)، الإيمان (ص ٩٠). وانظر ما سيأتي (ص ٨٧٧ - ٨٧٨، ٨٨٥).

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