lors qu’on la prononce sans aucune précision, elle signifie exclusivement : « Il m’incombe que l’affranchissement prenne effet et que le divorce prenne effet ». C’est comme si l’on disait : « L’affranchissement prend effet pour moi si je fais telle chose », ou : « Le divorce prend effet pour moi si je fais telle chose », ou encore : « La survenue du divorce pourrait m’être imposée si je fais telle chose », ou : « La survenue de l’affranchissement m’est devenue obligatoire si je fais telle chose ».
Cinquièmement : Quand bien même on concéderait que la formulation de celui qui prête serment est : « Si je fais telle chose, il m’incombe d’affranchir mon esclave », nous montrerons – si Allah le veut – qu’il n’existe, en matière de serments, aucune différence de fond entre sa parole : « Il m’incombe d’affranchir » et sa parole : « Mon esclave est libre ». On ne connaît d’ailleurs aucun Compagnon ayant établi une distinction entre ces deux formules.
Or, la controverse est bel et bien avérée au sujet de la parole : « Tout esclave que je possède est affranchi » ; et la version attribuée aux Compagnons – qu’Allah les agrée – imposant l’expiation (kaffâra) dans ce cas est plus solidement établie que celle qui conclut à l’obligation directe de l’affranchissement. Ainsi, dans tous les cas, l’argument plaide en notre faveur.
Si nous avons mentionné que l’imâm al-Awzâʿî est un connaisseur des significations du ḥadith, c’est uniquement pour démontrer que, tout en sachant le débat que suscite ce passage et alors même que son propre avis juridique s’en écarte, il a néanmoins rigoureusement conservé la mention de l’affranchissement dans le ḥadith ; cela renforce donc la validité de cette mention.
Quant à son affirmation : « Tiens-toi (donc) à la formulation qu’il a transmise », nous répondons : Aucun esprit sain ne prétendra que la formulation qu’il a rapportée laisse entendre, dans son sens apparent, qu’il prête serment au moyen d’un vœu d’affranchissement, à l’exemple de la parole : « Si je fais cela, il m’incombe d’affranchir ». Nul esprit raisonnable ne soutiendra que tel est le sens évident de la version qu’il rapporte ; un tel sens ne se déduit nullement de cette formulation.