Premièrement : Il s’agit d’un seul et même récit, et non de deux récits distincts. Dès lors que Sulaymân et Ashʿath affirment catégoriquement qu’elle a prononcé : « Tout esclave que je possède est affranchi », tandis que Jisr rapporte : « Elle a juré par l’offrande sacrificielle et par l’affranchissement », il faut nécessairement considérer la version de ce dernier comme une transmission du sens, qu’il convient de ramener à la formulation exacte relatée par les deux premiers ; en effet, le principe est celui de la concordance et de la corroboration des versions, non celui de la divergence et de la contradiction.
Deuxièmement : Lorsqu’on dit : « Un tel a juré par l’affranchissement et par l’offrande sacrificielle », on entend par là qu’il a prêté serment en rendant l’affranchissement obligatoire, comme lorsqu’il déclare : « Si je fais telle chose, tout esclave que je possède est libre » ou « l’esclave de tel est libre », et autres expressions analogues. En revanche, s’il dit : « Si je fais telle chose, il m’incombe d’affranchir un esclave », cela constitue un serment fondé sur un vœu – le vœu d’affranchissement – et non un serment portant sur l’affranchissement même.
Troisièmement : Le serment par l’affranchissement, tel qu’il est d’usage parmi les gens, est un serment visant la survenue effective de l’affranchissement, non le simple vœu de l’accomplir. (1) [81 / b]
Quatrièmement : Fonder l’interprétation sur l’énoncé : « l’affranchissement m’incombe » constitue un argument qui se retourne contre lui. En effet, à propos de la formule : « le divorce m’incombe », il a reconnu que, dans l’usage courant, cela désigne un serment portant sur la réalisation du divorce, et non l’engagement de le provoquer. Il en va donc de même lorsqu’on dit : « l’affranchissement m’incombe » : dans l’usage, cela signifie un serment relatif à la survenue de l’affranchissement, et non un engagement à le produire. Il n’existe aucune différence entre les expressions : « le divorce m’incombe » et « l’affranchissement m’incombe ».
Par ailleurs, dans l’usage populaire, lorsque quelqu’un dit : « l’affranchissement m’incombe », ou : « l’illicite m’incombe », ou : « le divorce m’incombe », ou : « les serments des musulmans m’incombent », tout cela est considéré comme un serment établissant la contrainte de ces choses sur sa personne, et non comme un vœu les visant. Certes, cette formulation peut parfois vouloir dire : « Il m’incombe d’affranchir », tout comme elle peut signifier : « Il m’incombe de divorcer » – ce qui constituerait alors un vœu –, mais le sens le plus répandu de cette expression