Il ressort vraisemblablement qu’Aḥmad, lui aussi, l’a entendu soit de ʿAbd al-Razzāq, soit de Muʿtamar, car il lui faut nécessairement une chaîne de transmission pour le ḥadīth d’al-Taymī.
Quant à la voie de Yaḥyā ibn Saʿīd al-Qaṭṭān d’après ce dernier, elle a été mentionnée par Abū Bakr ibn Ziyād an-Nīsābūrī, le ḥāfiẓ — particulièrement versé dans les aḥādīth relevant du fiqh, auxquels il a consacré des ouvrages. De lui, Zāhir ibn Aḥmad as-Sarakhsī la transmit ; et d’après Zāhir : Abū Ḥāmid al-Isfarāyīnī.
Al-Bayhaqī la rapporte de sa part (1) : « Abū Bakr ibn Ziyād a dit : ʿAbd ar-Raḥmān ibn Bishr nous a rapporté, Yaḥyā ibn Saʿīd nous a rapporté, d’après Sulaymān at-Taymī ; il a dit : Bakr ibn ʿAbd Allāh nous a rapporté, d’après Abū Rāfiʿ :
« Laylā bint al-ʿAjmāʾ, sa mawlā, déclara : “Elle est juive, elle est chrétienne ; tout esclave qui lui appartient est affranchi et tous ses biens sont voués en offrande (hady) s’il ne répudie pas son épouse, si tu ne les sépares pas.” Il se rendit alors auprès de Zaynab, et elle partit avec lui.
Elle dit : “Est-ce ici Hārūt et Mārūt ?” — Elle répondit : “Allāh sait ce que j’ai dit : tous les biens que je possède sont voués en offrande et tout esclave qui m’appartient est affranchi ; elle est juive, elle est chrétienne.” — Zaynab lui dit : “Laisse l’homme et son épouse.”
Elle poursuivit : “Je me rendis chez Ḥafṣah ; je lui transmis le propos de Zaynab, et Ḥafṣah dit à son tour : « Laisse (2) l’homme et son épouse ». Puis je me rendis chez Ibn ʿUmar ; il vint avec moi, se tint à la porte et, lorsqu’il eut salué,
elle dit : « Que mon père et ton père soient sacrifiés pour toi ». Il répondit : « Es-tu faite de pierre ou de fer ? Zaynab t’a déjà rendu un avis juridique et Ḥafṣah t’a envoyé un message. » — Elle dit : « J’ai juré ceci et cela. » — Il dit : « Acquitte l’expiation de ton serment et laisse l’homme et son épouse.” »
Si donc l’on supposait qu’Ibn Abī ʿAdī l’ait niée, tandis que Yaḥyā ibn Saʿīd l’a confirmée, il n’y aurait pas de divergence