Quant à Aḥmad, bien qu’il n’en ait pas fait application, il a néanmoins affirmé avec certitude qu’al-Taymī l’avait rapportée ; il a de même statué de façon catégorique sur l’authenticité de cette variante d’après les Compagnons, a fortiori après al-Taymī. Après lui se sont prononcés dans le même sens : Abū Thawr, Muḥammad ibn Naṣr al-Marwazī, Muḥammad ibn Jarīr al-Ṭabarī, Abū Bakr ibn al-Mundhir, Abū ʿUmar ibn ʿAbd al-Barr, Abū Muḥammad Ibn Ḥazm, ainsi que — selon la volonté d’Allāh — nombre d’autres imāms parmi les maîtres du ḥadīth, du fiqh et de l’analyse doctrinale.
Et les ouvrages des savants — comme chacun peut le constater — regorgent du récit concernant l’expiation attachée au serment par affranchissement, rapporté d’Ibn ʿUmar, de Ḥafṣah et de Zaynab ; ceux qui l’ont transmis, parmi les collecteurs des paroles des Compagnons, sont innombrables. On ne connaît personne qui ait mis en cause cette transmission d’al-Taymī : ni parmi les spécialistes de la science du ḥadīth, ni parmi les experts en fiqh et en analyse. On ne connaît pas davantage quelqu’un, parmi ceux qui ont rapporté la voie d’al-Taymī ou celle d’Ashʿath, qui ait contesté ce passage ; bien au contraire, tous ont mentionné le serment par affranchissement sans y déceler la moindre anomalie. En réalité, tous les savants dont nous avons relevé la parole ont cité cette addition, l’ont jugée solide et l’ont transmise d’après les Compagnons.
On dira donc à l’adversaire : lorsque deux transmetteurs sûrs et chevronnés rapportent un ḥadīth en y mentionnant une addition, et qu’une personne d’un degré inférieur, quant à la mémoire et à la précision, omet de la mentionner, ceux qui établissent l’addition sont plus nombreux, plus fiables et plus exacts ; celui qui l’a omise ne l’a pas rejetée, il ne l’a simplement pas citée. Dans un tel cas, les spécialistes du ḥadīth tout comme les spécialistes du fiqh et de l’analyse considèrent la mention de l’addition comme authentique. Ils ne divergent que lorsque les omettants deviennent nombreux ou surpassent les autres en exactitude ; mais lorsque les affirmateurs sont plus nombreux et plus précis, je ne leur connais pas de dissension sur ce point.
Il a déjà été fait mention de cette addition dans la narration de Muʿtamar ibn Sulaymān d’après son père. ʿAbd al-Razzāq, ʿĀrim ibn al-Faḍl — comme l’a rapporté al-Athram de lui — et d’autres encore l’ont recueillie de Muʿtamar.