Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

Abû Ḥanîfa, ainsi que d’autres, émettent la fatwâ selon laquelle il y a là une kaffârat yamîn, c’est-à-dire une expiation de serment (1). Or, certains souverains répugnaient à ce que l’on prescrive, dans ce genre d’affaires, une kaffârat yamîn, — et tel fut le cas à de nombreuses époques.

Au point que, lorsque Mâlik donna pour avis que le serment prêté sous contrainte n’engage pas, ceux qui désiraient (2) se venger de lui prirent cette opinion pour prétexte afin de le frapper : ils l’exposèrent publiquement et le flagellèrent de trente coups de fouet (3).

Il a en outre été rapporté (4) de l’imâm ash-Shâfiʿî qu’il déclara : « En réalité, l’émir de Médine ne lui garda rancune que parce qu’il préférait ʿUthmân à ʿAlî. » On l’interrogea à ce propos et il répondit : « Je ne mets pas sur le même plan celui qui s’est mêlé aux effusions de sang et celui qui ne s’y est point mêlé » (5). Cependant, ce Hachémite ne pouvait manifester ouvertement une sanction pour ce motif ; il s’en fit donc un prétexte afin qu’on dise qu’il l’avait puni par colère pour al-Manṣûr, qu’il avait ainsi levé les serments d’allégeance, et il s’accorda avec le qâḍî de Médine sur cette version.

De même, il est rapporté (6) que, lorsque ash-Shâfiʿî arriva à Bagdad sous le règne de Hârûn ar-Rashîd, on lui interdit de s’exprimer sur le serment de ṭalâq suspendu au mariage, parce qu’ar-Rashîd avait de l’aversion pour cette question (7).

Nous avons, à notre époque comme à d’autres, été témoins de faits semblables qui offrent matière à méditation. Comment, dans ces conditions, ne dirait-on pas que Ḥumayd redouta d’évoquer l’affranchissement, par crainte de ces savants fauteurs de troubles et des gouverneurs investis d’un pouvoir coercitif ?

La fatwâ affirmant l’obligation d’affranchir était pourtant bien connue en Irak, précisément parce que l’on y avait largement répandu la pratique de faire prêter serment

(1) Tel quel dans le texte original ; peut-être la lecture correcte est « binaʾ annahu laisa fīhi kaffārat al-yamīn » (qu’il n’y a pas en lui de kaffâra pour le serment), car le répondant mentionnera que la fatwa imposant l’affranchissement était répandue en Irak. (2) C’est ainsi que je l’ai lu. (3) Voir ci-dessus (p. 46). (4) C’est ainsi que je l’ai lu, mais d’autres lectures sont possibles. (5) Minhâj as-Sunna, t. 8, p. 225. (6) Dans le texte original : « Rawā al-Shāfiʿī ». Le copiste a indiqué les marques d’antéposition et de postéposition. (7) Voir ci-dessus (pp. 46–47).
وأبي حنيفة وغيرهم يفتون بأنَّ فيه كفارة يمين (١) ، وكان من الملوك من يكره أَنْ يُفْتَى في مثل هذا بكفارة يمين، كما هو الواقع في كثيرٍ من الأزمنة. حتى إِنَّ مالكًا لما أفتى بأن يمين المكره لا تلزم، جَعَلَ من أراد (٢) الانتقام منه هذا حجة في ضربه، وحتى شهروه وضربوه ثلاثين سوطًا (٣) ، وقد (٤) [٧٨/ ب] روي عن الشافعي أنه قال: إنما حقد أمير المدينة عليه لتفضيله عثمان على علي، وسئل عن ذلك. فقال: لا أجعل من خاض في الدماء كمن لم يخض فيها (٥) ، ولكن الهاشمي لم يمكنه إظهار العقوبة على هذا، فجعل ذلك حجة ليقال إنه عاقبه غضبًا للمنصور، وأنه حَلَّ أيمان البيعة، واتفق هو وقاضي المدينة على هذا. وكذلك الشافعي؛ رُوِيَ (٦) أنه لمَّا قدم بغداد في زمن الرشيد نُهِيَ أن يتكلم في الحلف بالطلاق المعلق على النكاح، لكراهة الرشيد لذلك (٧) . وقد رأينا من ذلك في زماننا وغيره ما فيه عبرة؛ فكيف لا يقال مع ذلك: إنَّ حميدًا هاب ذكر العتق خوفًا من هؤلاء العلماء المُفَتِّنِيْنَ ومن الولاة المسلَّطين؟! وكان الإفتاء بلزوم العتق مشهورًا بالعراق، وهذا لما اشتهر تحليف
(١) كذا في الأصل، ولعل الصواب: (بأن ليس فيه كفارة يمين)، حيث سيذكر المجيب أن الإفتاء بلزوم العتق كان مشهورًا في العراق. (٢) هكذا قرأتها. (٣) انظر ما تقدم (ص ٤٦). (٤) هكذا قرأتها، ويحتمل غير ذلك. (٥) منهاج السنة (٨/ ٢٢٥). (٦) في الأصل: (روى الشافعي) وقد وضع الناسخ علامة التقديم والتأخير. (٧) انظر ما تقدم (ص ٤٦ - ٤٧).

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