Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

Et la parole de l’objecteur :

« Cela n’est pas l’habitude des rapporteurs ; combien de ḥadiths ont-ils unanimement été transmis alors même que les juristes divergaient quant à leur statut juridique ? Et combien de transmetteurs ont rapporté un propos que contredisait la multitude, sans qu’on n’entende jamais d’une personne digne de confiance qu’elle possédait un ḥadith comportant une prescription et qu’elle se soit abstenue de le rapporter par crainte de quiconque ; au contraire, lorsque la controverse existe, la crainte diminue, et elle ne se manifeste que si [le propos] contredit le consensus et la grande majorité » (1).

On lui répondra : il est certes des rapporteurs qui délaissent ce qu’ils détiennent lorsque la pratique notoire s’y oppose ; cela est bien connu de l’attitude de Mālik et d’autres. Il arrivait qu’il rapporte un ḥadith puis s’abstienne ensuite de le transmettre, du fait que la pratique à Médine était, selon lui, contraire à ce qu’il contenait, comme il s’abstint de relater le ḥadith d’Umm Salama :

« Lorsque commencent les dix [premiers jours de Dhū l-Ḥijja] et que l’un d’entre vous veut offrir une bête en sacrifice, qu’il ne prélève rien de ses cheveux ni de ses ongles » (2).

Il l’avait certes rapporté à Shuʿba (3), puis il y renonça parce que la pratique, pour lui, allait dans le sens contraire ; et lorsqu’on l’interrogeait à son sujet, il ne le transmettait plus (4).

(1) «al-Taḥqīq», p. 38/a ; ce qui est placé entre parenthèses est un ajout de «al-Taḥqīq». (2) Hadith nº 1977 dans Muslim. (3) À l’origine, on lit «li-sabʿa» («pour sept»), mais il est probable que la forme établie soit la bonne, comme on le verra dans le commentaire suivant concernant le transmission de Shuʿba. (4) Ibn ʿAbd al-Barr, dans al-Tamhīd (vol. 17, p. 237), rapporte : «ʿImrān ibn Anas a dit qu’il interrogea Mālik au sujet de ce hadith d’Umm Salama, et qu’il répondit : “Ce n’est pas un de mes hadiths !” J’ai alors dit à ses compagnons : “Shuʿba l’a rapporté et l’a transmis de lui, et pourtant il dit : ‘Ce n’est pas un de mes hadiths !’” Ils m’ont répondu : “Quand il n’adopte pas un hadith, il dit : ‘Ce n’est pas un de mes hadiths !’”». (5) Voir également al-Istidhkār (vol. 11, p. 185) et al-Bayān wa’l-Taḥṣīl (vol. 17, p. 315).
وقول المعترض: (ليس هذا عادة الرواة؛ فكم من حديث أطبق الرواة على روايته مع تنازع الفقهاء في حكمه؟ وكم من راوٍ روى ما يخالفه فيه الجم الغفير، ولم يسمع عن أحدٍ يُوثَقُ به أنه كان عنده حديث فيه حكم امتنع عن روايته هيبةً من أحد، بل إذا كان النزاعُ تَقِلُّ الهيبة، وإنما تكون الهيبة لو كانت [فيما] يخالفُ الإجماع والسواد الأعظم) (١) . فيقال له: بل من الرواة من يترك ما هو عنده إذا كان العمل المشهور بخلافه، وهذا معروفٌ مِنْ حال مالك وغيره؛ ربما روى الحديث ثم يمتنع مِنْ روايته إذا كان العمل عنده بخلافه، كما امتنع من تحديثه بحديث أم سلمة: «إذا دخل العشر، وأراد أحدكم أن يضحي؛ فلا يأخذ من شعره ولا بَشَرِهِ شيئًا» (٢) حَدَّثَ به لشعبة (٣) ، ثم تركه لكون العمل عنده بخلافه، وكان إذا سئل عنه لم يحدث (٤) .
(١) «التحقيق» (٣٨/ أ)، وما بين المعقوفتين زيادة من «التحقيق». (٢) أخرجه مسلم (١٩٧٧). (٣) في الأصل: (لسبعة)، ولعل الصواب ما أثبت، كما سيأتي في التعليق التالي من تحديث شعبة به عنه. (٤) قال ابن عبد البر في التمهيد (١٧/ ٢٣٧): (وقد ذكر عمران بن أنس أنه سأل مالكًا عن حديث أمِّ سلمة هذا، فقال: ليس من حديثي! قال: فقلتُ لجلسائِهِ: قد رواه شعبة وحدَّث به عنه، وهو يقول: ليس من حديثي! فقالوا لي: إنه إذا لم يأخذ بالحديث قال: ليس من حديثي) اهـ. وانظر: الاستذكار (١١/ ١٨٥)، والبيان والتحصيل (١٧/ ٣١٥).

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies