Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

Quant au récit d’ʿUthmân b. Ḥâḍir, il est désormais établi que les versions authentiques rapportées d’Ibn ʿUmar et d’Ibn ʿAbbâs – qu’Allah les agrée – le contredisent, et que ce ḥadith s’oppose à celui-ci aussi bien dans les questions autres que l’affranchissement que dans l’affranchissement lui-même ; il ne le contredit donc pas uniquement à propos de l’affranchissement. De là, on doit conclure soit à une erreur de son rapporteur, soit à l’existence d’un désaccord entre les Compagnons – qu’Allah les agrée – sur ce point. Il est, en outre, impossible à quiconque de préférer la version qui rapporte que certains Compagnons auraient émis la fatwâ rendant obligatoire le serment fondé sur l’affranchissement, à la version selon laquelle il y a à son propos une kaffâra : pareille préférence est irrecevable, après examen des voies de transmission et étude de celles-ci, sans qu’il y ait la moindre divergence parmi les spécialistes en la matière.

Aḥmad n’a pas eu sous les yeux (1) l’ensemble des chaînes du ḥadith de Laylâ attestant la validité de la mention de l’affranchissement, pas plus qu’il n’a réuni les chaînes du ḥadith d’ʿUthmân b. Ḥâḍir, lesquelles révèlent son instabilité ; il s’ensuit que la question de l’authenticité ou de la faiblesse du ḥadith (2) peut relever des points d’ijtihâd examinés par les savants compétents.

Il est avéré que tous les savants à qui sont parvenues les chaînes du ḥadith de Laylâ bint al-ʿAjamâʾ – tels Abû Thawr, Muḥammad b. Naṣr, Ibn al-Munḏir, Abû Jaʿfar Muḥammad b. Jarîr, Ibn ʿAbd al-Barr, Ibn Ḥazm, et d’autres encore parmi ceux qui ont rapporté la divergence – ont tous tranché qu’Ibn ʿUmar, Ḥafṣa et d’autres avaient donné comme fatwâ, au sujet du serment impliquant l’affranchissement, l’expiation d’un serment (kaffârat yamîn). Je n’ai connaissance d’aucune personne, informée de ces chaînes, qui les ait contestées. Quant à Aḥmad, il n’a critiqué ce ḥadith que [78/a] parce que Sulaymân l’aurait transmis seul ; or, il est établi qu’il ne l’a pas rapporté isolément.

Fasl

Il a dit :

« Quant à la parole du répondant : “Il se peut que ceux qui n’ont pas mentionné l’affranchissement s’en soient abstenus en raison de la controverse qu’il suscite”, » – le répondant n’en a pas fait une affirmation catégorique ; il a seulement envisagé cette éventualité.

(1) Tel quel dans l’original ; il se peut qu’on doive lire : (تَجْتَمِعُ). (2) Dans l’original, on trouve un ajout : (كما) ; en le supprimant, la phrase retrouve sa cohérence.
وأثر عثمان بن حاضر قد عرف أن الروايات الثابتة عن ابن عمر وعن ابن عباس تناقضه، وأن هذا الحديث يخالفه في غير العتق كما يخالفه في العتق، فلم يخالفه في العتق وحده، وأن هذا يوجب القطع إما بغلط راويه وإما بأنَّ الصحابة عنهم نزاع في هذا الباب، وأنه لا يمكن أحدًا أَنْ يُرَجِّح روايةَ من روى أن من الصحابة من أفتى بأن الحلف بالعتق يلزم على رواية من روى أن فيه كفارة، بل هذا مردود بعد معرفة الطرق والنظر فيها بلا نزاع بين أهل العلم بذلك. وأحمد لم تُجْمَعْ (١) عنده طرق حديث ليلى الدالة على صحة ذكر العتق، ولا اجتمعت عنده طرق حديث عثمان بن حاضر الذي يدل على اضطرابه؛ فالكلام في صحة الحديث وضعفه (٢) قد يكون من مسائل الاجتهاد التي يبحث فيها أهل العلم بذلك. وقد عُرِفَ أن جميع العلماء الذين بلغهم طرق حديث ليلى بنت العجماء مثل: أبي ثور ومحمد بن نصر وابن المنذر وأبي جعفر محمد بن جرير وابن عبد البر وابن حزم وغير هؤلاء ممن نقل النزاع = كلهم قطعوا بأن ابن عمر وحفصة وغيرهما أفتوا في الحلف بالعتق بكفارة يمين، لم أعلم أحدًا من الناس بلغته هذه الطرق طعن فيها، وأحمد لم يعلله إلا [٧٨/ أ] بانفراد سليمان به وقد عُرِفَ أنه لم ينفرد به. فصلٌ قال: (وأما قول المجيب: يشبه أن يكون الذين لم يذكروا العتق هابوه لما فيه من النزاع) ؛ فإنَّ المجيب لم يجزم بهذا، بل جَوَّزَ هذا.
(١) كذا في الأصل، ولعلها: (تجتمع). (٢) في الأصل زيادة: (كما)، وبحذفها تستقيم العبارة.

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