Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

Abû al-Khaṭṭâb a dit (1).

Le second type de takhrîj consiste à élaborer pour l’Imâm une opinion qui contredit la parole textuellement rapportée de lui ; c’est ce que pratiquent certains compagnons d’Aḥmad, d’Ach-Shâfiʿî et d’autres, lorsqu’ils affirment : « Il a textuellement décidé telle chose dans telle question, et, dans une question semblable, le contraire ; il convient donc (2) de lui déduire deux avis. » Parfois encore ils déclarent : « Il a énoncé telle position, mais le raisonnement analogique (qiyâs) de son madhhab requiert telle autre, contraire à ce qu’il a énoncé. » Ils tiennent alors pour son madhhab l’avis déduit au détriment du texte même, estimant que, dans cette fatwâ, il s’est prononcé à rebours de son propre fondement ; ils assimilent cela à l’erreur du muḥaddith et à la méprise dans la transmission. Cela n’est recevable que lorsque l’opinion (3) textuelle n’est pas en accord avec ses fondements authentiques ; s’il est possible de la concilier, ils laissent alors la question sur deux avis.

Ensuite, lorsque les deux cas sont rigoureusement similaires et qu’il n’est pas permis qu’un mujtahid y discerne une distinction, ils ne répartissent pas la question en deux versions (4) ; ainsi, s’il a explicitement statué que celui qui dit : « Si je le fais, il m’incombe une aumône (ṣadaqah) » se voit suffire l’expiation du serment (kaffâratu l-yamîn), tandis que celui qui dit : « Il m’incombe un sacrifice (hady) » est tenu d’en payer la valeur sur ses biens.

(1) Le copiste l’a inscrite en marge après la mention « اللحق », sans en rapporter le contenu. Pour plus de clarté, je reprends ici ce qu’en dit Abū l-Khaṭṭāb dans son al-Tamhīd. Il écrit (t. 4, p. 366) : « Si, dans une question, on établit un jugement et qu’on le fonde sur une cause présente également dans d’autres questions, alors sa méthode pour ces dernières est la même que pour la question motivée, que l’on accepte ou non la qualification particulière de la cause. » (2) C’est ainsi que je l’ai lu. (3) À l’origine : « للقول », mais ma correction me semble la plus adéquate. (4) Voir ce qui suit (pp. 274-275).
وقال أبو الخطاب (١) . النوع الثاني من التخريج: أَنْ يُخرَّج له قولٌ يُخالفُ القولَ المنصوصَ عنه؛ كما يَفعل ذلك من يفعله من أصحاب أحمد والشافعي وغيرهما، حيث يقولون: قد نَصَّ في المسألة الفلانية على كذا وفي نظيرها على خلاف ذلك؛ فيُخَرَّجَ (٢) له قولان، وربما قالوا: نَصَّ على كذا وقياس مذهبه كذا خلاف ما نص عليه، فإنهم يجعلون مذهبه هو القول المخرَّج دون المنصوص، ويجعلون المنصوص أفتى فيه بخلاف أصله، وهو بمنزلة غلط المحدث [و] بمنزلة الغلط في الرواية، وهذا إذا لم يكن القول (٣) المنصوص يجري على أصوله الصحيحة، فإنْ أمكن تصحيحه جعلوها على قولين. ثم إذا كانت المسألتان متماثلتين لا يجوز أن يكون بينهما فَرْقٌ يَذهب إليه مجتهد، لم يختلفوا في المسألة على روايتين (٤) ؛ كما إذا نصَّ على أنَّ مَنْ قال: إِنْ فعلتُ فعليَّ صدقة أنه يجزئه كفارة يمين، وإنْ قال: فعليَّ هديٌ أنه يلزمه إخراج ماله.
(١) كتبها الناسخ في الهامش بعد علامة اللحق، ولم يذكر ما قاله، وإتمامًا للفائدة سأنقل ما قاله أبو الخطاب في التمهيد. قال في التمهيد (٤/ ٣٦٦): (إذا نصَّ في مسألةٍ على حكمٍ وعلَّلَ بعلةٍ توجد في مسائل أُخَر؛ فإنَّ مذهبه في تلك المسائل مذهبه في المسألة المعللة، سواء قلنا بتخصيص العلة أو لم نقل). (٢) هكذا قرأتها. (٣) في الأصل: (للقول)، ولعل ما أثبتُّ هو الصواب. (٤) انظر ما سيأتي (ص ٢٧٤ - ٢٧٥).

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