Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

dans les serments, et les serments comportent une expiation, conformément à la parole du Très-Haut :

« Allah ne vous tiendra pas rigueur pour le futile de vos serments ; mais Il vous tiendra rigueur pour les serments que vous avez scellés ; leur expiation sera … »
[al-Mâʾidah : 89]

Ainsi, le Sublime a établi qu’une expiation est due pour les serments contractés, à l’exclusion du futile ; or ni le divorce ni l’affranchissement n’impliquent d’expiation, pas plus qu’ils ne comportent de futilité lors de leur prononcé ; ils ne relèvent donc pas de la catégorie des serments, et aucune expiation ne leur est liée : tel est le sens de son propos.

Dès lors, s’il ajoute : « Le serment assorti de divorce ou d’affranchissement n’admet ni clause d’exception ni expiation », son discours demeure cohérent, quand bien même certains le contesteraient sur le point de savoir si cela constitue ou non un serment.

Et s’il déclare en outre : « Dans le serment où l’on invoque le divorce ou l’affranchissement, l’exception est recevable, mais non dans leur mise à exécution », il lui est alors légitime d’affirmer : « Le divorce et l’affranchissement n’admettent aucune exception dans leur mise à exécution, pas plus qu’ils n’impliquent d’expiation lorsqu’on les applique, et ce par consensus des musulmans, ce point n’étant contesté par aucun d’entre eux. » Il en résulte que, s’il reconnaît la clause d’exception dans le serment qui les concerne, il doit également admettre qu’il y a expiation dans ce même serment, et distinguer, pour l’expiation, entre le serment qui les implique et leur mise à exécution, tout comme il a distingué, pour l’exception, entre ce serment et leur mise à exécution.

À défaut, sa justification, son madhhab et sa preuve seraient invalidés, puisqu’il a déclaré : « L’exception ne vaut que pour ce qui impose une expiation. » On pourrait alors lui objecter : « Selon toi, l’exception est valable tant dans ce qui requiert une expiation que dans ce qui n’en requiert pas. » Il ne pourrait, dans cette configuration, maintenir que « tout serment entraîne une expiation » sans être contraint d’y inclure le divorce et l’affranchissement, tout en continuant d’affirmer que, dans le serment les concernant, il y a exception mais non expiation.

Ce qui éclaire davantage la question, c’est que ses condisciples – Abû Muḥammad et d’autres – ont plaidé la validité de la clause d’exception lorsque l’on suspend le divorce ou l’affranchissement sous forme de serment, en arguant qu’il s’agit alors d’un serment et qu’il entre, de ce fait, dans la portée de la parole du Prophète – paix et salut sur lui : « Quiconque jure et dit ensuite : “Si Allah le veut”, ne commet pas de parjure » (1).

Il s’ensuit donc que :

(1) Ce hadith est rapporté par plusieurs Compagnons : al-ʿAbd al-Razzāq l’a transmis dans son al-Musannaf (t. 8, p. 516) d’après Ibn Masʿūd (qu’Allāh l’agrée), puis dans le même ouvrage (t. 8, p. 516) – et via la même chaîne al-Tirmidhī dans son al-Jāmiʿ (n° 1532) – d’après Abū Hurayra (qu’Allāh l’agrée). Al-Tirmidhī commente : « J’ai demandé à Muḥammad b. Ismāʿīl au sujet de ce hadith. Il m’a dit : “C’est un hadith erroné ; al-ʿAbd al-Razzāq s’est trompé en l’abrégeant d’après la version de Muʿammar d’après Ibn Ṭawūs d’après son père d’après Abū Hurayra d’après le Prophète (paix et bénédictions sur lui) qui aurait dit : ‘Salomon, fils de David, déclara : “Cette nuit, je visiterai soixante-dix femmes ; chacune mettra au monde un garçon.” Lorsqu’il passa devant elles, aucune n’en accoucha qu’une fille “mi-garçon”.’ Le Messager d’Allāh (paix et bénédictions sur lui) ajouta : “S’il avait dit : ‘Si Allāh le veut’, cela se serait réalisé.” » Cette version longue est transmise d’al-ʿAbd al-Razzāq d’après Muʿammar, d’après Ibn Ṭawūs, d’après son père. Il y est indiqué « soixante-dix femmes ». On trouve par ailleurs une version sans chaîne complète d’Abū Hurayra d’après le Prophète (paix et bénédictions) selon laquelle Salomon, fils de David, dit : « Je visiterai cent femmes … ». Al-Bazzār le rapporte également dans son Musnad (t. 12, p. 169) d’après Ibn ʿUmar (qu’Allāh les agrée), en précisant : « Nous ne connaissons sa chaîne que de Ayyūb d’après Nāfiʿ d’après Ibn ʿUmar. » ʿUbayd Allāh l’a relaté mursal par Nāfiʿ d’après Ibn ʿUmar, excepté un individu, ʿAbbās al-Baḥrānī, que j’ai entendu narrer de Abū Muʿāwiya d’après ʿUbayd Allāh d’après Nāfiʿ d’après Ibn ʿUmar d’après le Prophète (paix et bénédictions), et que je rejetai chez lui. Ibn Ḥibbān l’a authentifié (ṣaḥīḥ) (t. 10, p. 183). Voir : al-‘Ilal al-Kabīr de al-Tirmidhī (n° 455) ; al-‘Ilal d’al-Daraqutnī (t. 13, p. 103) ; Nasb al-Rāyah (t. 3, pp. 234, 301) ; al-Badr al-Munīr (t. 9, p. 453) ; Irwāʾ al-Ghalīl (t. 8, p. 196).
في الأيمان، والأيمان فيها الكفارة، لقوله تعالى: {لَا يُؤَاخِذُكُمُ اللَّهُ بِاللَّغْوِ فِي أَيْمَانِكُمْ وَلَكِنْ يُؤَاخِذُكُمْ بِمَا عَقَّدْتُمُ الْأَيْمَانَ فَكَفَّارَتُهُ} [المائدة: ٨٩] فأثبت سبحانه لتعقيد الأيمان كفارة دون اللغو، والطلاق والعتاق لا كفارة فيهما ولا لغو في إيقاعهما فلا يكونان من الأيمان فلا يكفران؛ هذا معنى كلامه. فإذا قال مع هذا: إن الحلف بالطلاق والعتاق لا استثناء فيهما ولا كفارة= اِطَّرَدَ قوله هذا، ونازعه مَنْ ينازعه في أن ذلك يمين أم لا، وإن قال مع ذلك: إنَّ الحلف بهما يجوز فيه الاستثناء ولا يجوز في إيقاعهما= صحَّ مع هذا أن يقول: إنَّ الطلاق والعتاق لا استثناء في إيقاعهما، كما أنه لا كفارة في إيقاعهما باتفاق المسلمين، فإن هذا مما لا ينازع فيه مسلم، ولزم إذا قال في الحلف بهما استثناء أن يكون في الحلف بهما تكفير، وأن يفرق في التكفير بين الحلف بهما والإيقاع لهما، كما فرق في الاستثناء بين الحلف بهما وبين الإيقاع بهما، وإلا انتقض علته ومذهبه ودليله حيث قال: الاستثناء فيما يكفر، وقيل له: الاستثناء عندك ينفع فيما يكفَّر وما لا يكفَّر، ولم يمكنه مع هذا أن يقول كل يمين فيها كفارة إلا ألزمهما مع قوله إن في اليمين بهما الاستثناء دون الكفارة. ومما يوضح ذلك: أن أصحابه ــ كأبي محمد وغيره ــ احتجوا على جواز الاستثناء في تعليقهما على وجه اليمين، بأنَّ هذا يمين فتدخل في قوله - صلى الله عليه وسلم -: «مَنْ حَلَفَ فقال: إن شاء الله؛ فلا حنث عليه» (١) فيجب على هذا: أن
(١) جاء هذا الحديث عن جماعةٍ من الصحابة؛ فأخرجه عبد الرزاق في المصنف (٨/ ٥١٦) من حديث ابن مسعود - رضي الله عنه -. وأخرجه عبد الرزاق في المصنف (٨/ ٥١٦) ــ ومن طريقه الترمذي في جامعه ١٥٣٢) ــ من حديث أبي هريرة - رضي الله عنه -. وقال الترمذي: سألتُ محمد بن إسماعيل عن هذا الحديث. فقال: هذا حديث خطأ، أخطأ فيه عبد الرزاق اختصره من حديث معمر عن ابن طاووس عن أبيه عن أبي هريرة عن النبي - صلى الله عليه وسلم - قال: «إنَّ سليمان بن داود قال: لأطوفنَّ الليلة على سبعين امرأة تلد كل امرأة غلامًا، فطاف عليهم فلم تلد امرأة منهن إلا امرأة نصف غلام». فقال رسول الله - صلى الله عليه وسلم -: «لو قال: إن شاء الله؛ لكان كما قال». هكذا روي عن عبد الرزاق، عن معمر، عن ابن طاووس، عن أبيه هذا الحديث بطوله. وقال: سبعين امرأة. وقد روي هذا الحديث من غير وجه عن أبي هريرة عن النبي - صلى الله عليه وسلم - قال: قال سليمان بن داود: لأطوفنَّ الليلة على مائة امرأة. وأخرجه البزار (١٢/ ١٦٩) من حديث ابن عمر - رضي الله عنهما -. وقال: وهذا الحديث لا نعلم أسنده إلا أيوب عن نافع عن ابن عمر، ورواه عبيد الله عن نافع عن ابن عمر موقوفًا إلا رجل سمعته يحدث عن أبي معاوية عن عبيد الله عن نافع عن ابن عمر، عن النبي - صلى الله عليه وسلم - فأنكرته عليه، وهو عباس البحراني. والحديث صححه ابن حبان (١٠/ ١٨٣). انظر: علل الترمذي الكبير (برقم ٤٥٥)، العلل للدارقطني (١٣/ ١٠٣)، نصب الراية (٣/ ٢٣٤، ٣٠١)، البدر المنير (٩/ ٤٥٣)، إرواء الغليل (٨/ ١٩٦).

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