Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

Et si l’on objecte : « Au contraire, cette parole est nulle », nous répondons : son propos n’est pas plus fondé que l’invalidation de son affirmation selon laquelle « le serment assorti d’affranchissement ou de divorce ne comporte pas de kaffâra ». Dès lors, nul ne saurait prétendre que cette opinion est plus correcte que la première, plutôt que l’inverse ; bien au contraire, la preuve normative atteste que cette seconde opinion est plus proche de la vérité que l’autre si jamais elles s’opposaient ; que dire alors lorsqu’il est possible d’établir, par l’argument scripturaire, la validité de chacune d’elles ?

Quant à son énoncé : « Les textes explicites d’Aḥmad ont déjà établi que le serment portant sur le divorce et l’affranchissement n’appelle aucune kaffâra » (1), on lui dira : il se peut qu’Aḥmad ait formulé cette position parce qu’il estime que le serment relatif au divorce et à l’affranchissement ne souffre aucune exception, comme l’a rapporté de lui al-Athram — et al-Athram (2) [75/ب] ainsi que d’autres ont bien transmis qu’il n’y a pas de kaffâra dans le serment touchant au divorce et à l’affranchissement.

De même, Mālik, selon la version d’Ibn al-Qāsim, affirme qu’il n’existe ni exception ni kaffâra dans tout cela (3). En revanche, d’après la version d’Ibn al-Ḥakam (4), l’exception est recevable dans le serment concernant le divorce et l’affranchissement, quand bien même elle ne le serait pas dans [l’exécution] (5) même du divorce et de l’affranchissement.

Il est manifeste que, lorsqu’Aḥmad soutient cette thèse et l’explique par le fait que l’exception ne s’applique qu’au serment sujet à kaffâra, s’il venait alors à dire : « Le divorce et l’affranchissement profitent de l’exception… »

(1) « At-Taḥqīq » (37 /b). (2) Il se peut qu’il y ait un mot que je n’ai pas pu déchiffrer, sans doute « ma athbattu ». (3) al-Madkhal, vol. 1, p. 469 ; al-Fawāʾiḥ al-Dawānī, vol. 2, p. 910 ; Ḥāshiyat al-ʿAdawī, vol. 3, p. 40. (4) À l’origine : « anna » ; la lecture correcte serait probablement « ma athbattu ». (5) Addition requise par le contexte. Voir infra, pp. 285–287.
وإِنْ قيل: بل كلامه هذا باطل. قيل: ليس كلامه هذا بأولى من إبطال قوله: (إِنَّ الحلف بالعتاق والطلاق لا كفارة فيه) ؛ وحينئذٍ فليس لقائل أن يقول: قوله هذا هو الصواب دون الأول بأولى من العكس، بل الدليل الشرعي يدل على أَنَّ هذا القول أولى بالصواب من ذاك لو تعارضا؛ فكيف إذا أمكن إقامة الدليل الشرعي على صحة كلٍّ منهما؟ وأما قوله: (إِنَّ أحمد تقدمت نصوصه الصريحة بأنَّ الحلف بالطلاق والعتاق لا كفارة فيه) (١) . فيقال له: قد يقال: إن أحمد قال هذا بناء على قوله: إنَّ الحلف بالطلاق والعتاق لا استثناء فيه، كما روى ذلك عنه الأثرم، وهو (٢) [٧٥/ ب] وغيره نقلوا عنه أَنَّ الحلف بالطلاق والعتاق لا كفارة فيه. وهكذا يقول مالك في رواية ابن القاسم إنَّ هذا كله لا استثناء فيه ولا كفارة (٣) ، وأما على رواية ابن الحَكَم فإنَّ (٤) الحلف بالطلاق والعتاق ينفع فيه الاستثناء وإن لم ينفع في [إيقاع] (٥) الطلاق والعتاق. ومعلومٌ أَنَّ أحمد إذا قال هذا وعلل ذلك بأن الاستثناء إنما يكون في اليمين المكفرة، لو قال في هذه الحال: إن الطلاق والعتاق ينفع فيه
(١) «التحقيق» (٣٧/ ب). (٢) يحتمل وجود كلمة لم أستطع قراءتها، ولعلها ما أثبتُّ. (٣) المدونة (١/ ٤٦٩)، الفواكه الدواني (٢/ ٩١٠)، حاشية العدوي (٣/ ٤٠). (٤) في الأصل: (أَنَّ)، ولعل الصواب ما أثبتُّ. (٥) إضافة يقتضيها السياق. انظر ما سيأتي (ص ٢٨٥ - ٢٨٧).

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