Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

Et lorsqu’un avis se révèle plus conforme à ses fondements méthodologiques et à ses textes, nous le privilégions à l’intérieur de son madhhab.

Quant à celui dont l’intention se limite à le suivre par pure imitation, sans intervenir dans son école ni prêter attention aux propos de ses disciples et des autres savants, il ne l’imite que dans son opinion la plus tardive. Or, cela repose sur la question de la licéité du taqlîd d’un savant défunt, sujet sur lequel existent deux opinions ; la majorité en admet la permissibilité, et ce n’est pas ici le lieu d’en traiter en détail (1).

S’agissant maintenant de l’objection suivante :
« La preuve qu’il a construite à partir de ces deux prémisses dépend de la généralité de la première » (2),

on lui répond : si cette prémisse n’est pas générale, le propos d’Aḥmad et son argumentation deviennent caducs. On lui dira alors : ce n’est pas parce qu’une chose ne requiert pas de kaffâra qu’elle est dépourvue d’exception ; bien au contraire, l’exception peut intervenir dans ce qui ne nécessite pas d’expiation. Il est donc loisible que le divorce (ṭalâq) et l’affranchissement (ʿitâq) figurent parmi les cas où l’exception s’applique sans qu’il y ait expiation. L’extrapolation que nous avons faite à partir des textes explicites d’Aḥmad n’est valable qu’à condition que sa parole soit correcte ; or, si sa parole est correcte, ce que nous avons exposé s’impose à lui de façon incontournable, sans qu’il puisse s’y soustraire.

(1) Majmūʿ al-fatāwā (t. 20, p. 585 ; t. 23, p. 399), al-Fatāwā al-Kubrā (t. 2, p. 329), Mukhtaṣar al-fatāwā al-miṣriyya (p. 558), al-Masawwadah (t. 2, p. 934), al-Mustadrak ʿalā Majmūʿ al-fatāwā (t. 2, pp. 121-124), Iʿlām al-muwaqqiʿīn (t. 6, p. 201). Voir aussi ce qui suit (p. 745 et suiv.). Ibn al-Qayyim précise dans Iʿlām al-muwaqqiʿīn (t. 6, p. 129) : «Et le second [avis] : la permission ; c’est celui sur lequel s’appuient tous les muqallidīn dans toutes les régions de la terre, et la meilleure forme de taqlīd dont ils disposent : le taqlīd des morts ! Quant à celui qui leur interdit le taqlīd du défunt, ce n’est qu’un propos de sa langue, tandis que ses actes dans ses fatāwā et jugements s’y opposent. Les paroles ne meurent pas à la mort de leur auteur, pas plus que les récits ne périssent à la mort de leurs transmetteurs.» (2) al-Taḥqīq (37/b).
وإذا كان أشبه بأصوله ونصوصه رَجَّحْنَاه في مذهبه. ومن لم يكن مقصوده إلا تقليده المحض من غير تصرف لا في مذهبه ولا نظرٍ إلى ما قاله أصحابه وسائر العلماء فإنما يقلده في القول المتأخر، لكن هذا ينبني على جواز تقليد الميت، وفيه للناس قولان؛ والجمهور على جوازه، وليس هذا موضع بسط ذلك (١) . وأما قول المعترض: (إنَّ الدليل الذي ركبَّهُ من هاتين المقدمتين يتوقف على عموم الأولى) (٢) . فيقال له: إن لم تكن تلك المقدمة عامة= بطل كلام أحمد واحتجاجه، فإنه حينئذٍ يقال له: ليس كل ما لا يكون مكفَّرًا لا يكون فيه استثناء، بل يكون الاستثناء فيما لا يكفر؛ وحينئذٍ فيمكن أن يكون الطلاق والعتاق مما فيه استثناء بدون التكفير، والتخريج من منصوص أحمد إنما هو بتقدير أن يكون كلامه صحيحًا، فإن كان كلامه صحيحًا فما ذكرناه لازم له لزومًا لا محيد عنه.
(١) مجموع الفتاوى (٢٠/ ٥٨٥) (٢٣/ ٣٩٩)، الفتاوى الكبرى (٢/ ٣٢٩)، مختصر الفتاوى المصرية (ص ٥٥٨)، المسوَّدة (٢/ ٩٣٤)، المستدرك على مجموع الفتاوى (٢/ ١٢١ - ١٢٤)، إعلام الموقعين (٦/ ٢٠١). وانظر ما سيأتي (ص ٧٤٥ وما بعدها). قال ابن القيم في إعلام الموقعين (٦/ ١٢٩): (والثاني: الجواز؛ وعليه عمل جميع المقلِّدين في جميع أقطار الأرض، وخيار ما بأيديهم من التقليد: تقليدُ الأموات! ومَنْ مَنَعَ منهم تقليد الميت؛ فإنما هو شيءٌ يقولُه بلسانِهِ، وعملُهُ في فتاويه وأحكامه بخلافِهِ. والأقوال لا تموت بموت قائلها؛ كما لا تموت الأخبار بموت رواتها وناقليها). (٢) «التحقيق» (٣٧/ ب).

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