Il dit :
« Il n’est pas permis d’ériger l’opinion ancienne en madhhab pour lui, alors qu’il s’en est rétracté, a fortiori lorsqu’il l’a fait de manière explicite. Certains distinguent entre ce dont il a déclaré ouvertement la rétractation et ce dont il ne l’a pas fait, tandis que d’autres rapportent de lui les deux avis bien qu’il ait manifestement exprimé sa rétractation.
Et ils disent :
“Il a énoncé telle parole selon son ijtihād, et telle autre également selon son ijtihād ; or il se peut que l’opinion première soit la correcte, celle qu’attestent le Livre et la Sunna (1).”
Le savant, en effet, n’est pas comparable au Prophète : lorsque celui-ci abroge un jugement, il sait avec certitude que ce qui est abrogé n’appartient plus à la Loi d’Allah. Il se peut donc que l’avis antérieur dont le savant s’est rétracté soit, dans la réalité, la religion d’Allah.
Ils ajoutent :
« Nous rapportons les paroles des savants afin d’en déduire la Loi d’Allah et de Son Messager, car ils sont des moyens et des intermédiaires entre nous et le Messager – que les bénédictions et la paix d’Allah soient sur lui. Or, puisqu’il est possible que sa première parole corresponde à celle du Messager à l’exclusion de la seconde, et qu’il est tout aussi possible que la seconde soit celle qui concorde avec la parole du Messager, il ne nous est pas loisible d’affirmer catégoriquement que la première parole est, en soi, caduque.
Et si quelqu’un déclare : “L’opinion ancienne n’est pas son madhhab”, on lui répond : Si tu veux dire qu’elle n’a jamais été son madhhab, c’est une erreur ; elle l’a bel et bien été à un moment donné. Si tu entends qu’elle n’est pas le madhhab sur lequel il est mort, cela est exact. Cependant, cela ne nous permet pas d’établir qu’elle constitue la Loi du Messager dans la réalité. Nous nous bornons à constater qu’il a d’abord suivi cette opinion, puis qu’il s’est tourné vers son contraire ; ceci fut son premier propos, et cela devint son second propos. Et lorsque les preuves scripturaires donnent la prépondérance à l’un des deux avis, nous le privilégions. »