Aḥmad a dit :
« La Sunna n’a introduit l’exception que dans les serments, tandis que la mise à exécution du divorce et de l’affranchissement n’est pas un serment, car un serment ne peut exister sans expiation (1). En effet, le Coran a indiqué que tout serment prêté par les croyants requiert expiation ; si donc le prononcé du divorce ou de l’affranchissement constituait un serment, il impliquerait l’expiation, celle-ci étant inséparable du serment. Puisqu’aucune expiation n’y est requise, ils ne relèvent pas des serments ; ils ne sauraient donc être inclus ni dans la lettre ni dans l’esprit du texte relatif à l’exception, lequel ne concerne que le serment : s’il s’agissait d’un serment, il appellerait expiation ; comme il n’appelle pas expiation, ce n’est pas un serment, et, partant, il n’y a pas d’exception. L’exception, en effet, implique nécessairement l’expiation ; tout cas comportant exception comporte expiation, et lorsque l’expiation requise par l’exception (2) fait défaut, l’exception même disparaît. Tel est, de façon explicite et littérale, l’argument de l’imâm Aḥmad pour affirmer que ni le divorce ni l’affranchissement ne donnent lieu à expiation.
Ainsi, s’il déclare – dans l’une des deux versions rapportées de lui – que le serment fondé sur le divorce ou l’affranchissement admet une exception, tout en distinguant entre l’acte de les prononcer et le fait de jurer par eux, à l’instar de la distinction qu’il établit entre l’exécution d’un vœu et le serment par le vœu, ses textes demeurent cohérents : son école considère en effet que le serment par le vœu requiert expiation et admet, de même, l’exception. Il s’ensuit donc, si l’on reconnaît l’exception dans le serment assorti de divorce ou d’affranchissement, que l’expiation y sera également obligatoire, tout comme dans le serment par le vœu. Autrement, soutenir qu’il y a, pour ces deux serments, exception sans expiation annulerait sa formule : « L’exception n’existe que dans ce qui requiert expiation » (3), puisqu’il aurait alors établi, pour le serment fondé sur le divorce ou l’affranchissement, l’exception sans l’expiation.