Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

estimant la distinction trop faible ou non conforme aux fondements de l’imâm, tandis que d’autres maintiennent le texte lorsqu’ils perçoivent cette différence.

Puis, si cette distinction lui paraît appuyée par une indication de la Loi révélée, il invalide l’avis de celui qui assimile les deux cas ; mais si la distinction est d’un ordre pour lequel il ne peut produire d’argument, il tient alors la parole de l’imâm – fût-elle jugée faible au regard de la Sharʿ – comme s’il avait lui-même formulé explicitement cette différence.

Et si le maître de l’école a motivé l’un des deux jugements par une ʿilla générale, ils disent – lorsqu’il appartient à ceux qui admettent la spécification de la ʿilla – qu’il n’est pas permis de lui déduire une opinion contraire ; en revanche, s’il fait partie de ceux qui ne reconnaissent pas la spécification de la ʿilla, l’inférence devient nécessaire, par stricte application de sa cause. C’est ainsi que l’ont exposé le Qâḍî Abû Yaʿlâ et d’autres (1).

Les compagnons d’Aḥmad ont divergé au sujet de la spécification de la ʿilla, rapportant deux avis. Or, ce que laisse entendre l’opinion la plus répandue d’après ses propos et ceux des autres imams, c’est que la ʿilla peut être spécifiée en raison de la défaillance d’une condition ou de l’existence d’un empêchement. Quant à la spécification lorsque les deux situations sont identiques quant aux significations qui imposent ou empêchent le jugement, elle n’est pas admise. Et si l’on suppose que certains imams autorisent la spécification de la ʿilla sans absence de condition ni présence d’empêchement, comme il a été mentionné

(1) Al-ʿIdda fī uṣūl al-fiqh (t. 4, p. 1386 et suiv.), al-Masā’il al-uṣūliyya min Kitāb al-Riwāyatayn wa al-Wujhayn (p. 71), Tahdhīb al-Ajwiba (t. 2, p. 867), al-Maswadah (t. 2, p. 938), al-Madkhal ilā madhhab al-Imām Aḥmad d’Ibn Badrān (p. 138), Taghayyur al-Ijtihād (t. 3, p. 151), al-Tamadhhub (t. 1, pp. 300, 514). Voir aussi pp. 288-290. (2) C’est ainsi que je l’ai lu.
الفرق ضعيفًا أو غير مناسب لأصول الإمام، ومنهم من يقر النص إذا رأى ذلك الفرق. ثم إِنْ كان ذلك الفرق عنده قد دَلَّ الشرع عليه أبطل قول المُسَوِّي، وإن كان الفرق مما لا يمكنه الاستدلال عليه جعل قول الإمام وإن كان ضعيفًا في الشرع كما إذا صرَّحَ بالفرق؛ فإنْ كان صاحب المذهب قد نصَّ على تعليل أحد الحكمين بعلة عامة، فإنهم يقولون ــ إِنْ كان ممن يقول بتخصيص العلة ــ: لم يجز تخريج قول آخر له، وإِنْ كان ممن لا يقول بتخصيص العلة لزم التخريج طردًا لعلته؛ هكذا ذكر القاضي أبو يعلى وغيره (١) . وقد اختلف أصحاب أحمد في تخصيص العلة؛ وذكروا فيه قولين؛ والذي يدلُّ عليه المشهور من كلامه وكلام سائر الأئمة: أَنَّ العلة يجوز تخصيصها لفوات شرطٍ أو وجود مانع، وأما التخصيص مع تماثل الصورتين في المعاني (٢) الموجبة للحكم والمانعة منه فلا، وإذا قُدِّرَ أَنَّ بعض الأئمة يجوِّزُ تخصيص العلة لا لفوات شرط ولا لوجود مانع كما ذكر
(١) العدة في أصول الفقه (٤/ ١٣٨٦ وما بعدها)، والمسائل الأصولية من كتاب الروايتين والوجهين (ص ٧١)، وتهذيب الأجوبة (٢/ ٨٦٧)، والمسودة (٢/ ٩٣٨)، المدخل إلى مذهب الإمام أحمد لابن بدران (ص ١٣٨)، وتغير الاجتهاد (٣/ ١٥١)، والتمذهب (١/ ٣٠٠، ٥١٤). وانظر ما سيأتي (ص ٢٨٨ - ٢٩٠). (٢) هكذا قرأتها.

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