Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

De plus, les versions authentiques rapportées d’Ibn ʿUmar et d’Ibn ʿAbbâs corroborent le récit de Laylâ bint al-ʿAǧmâʾ et contredisent ce propos. Dès lors, il faut nécessairement envisager l’une des deux hypothèses suivantes :

Soit l’on dira : les Compagnons ont tantôt donné une fatwâ selon cette opinion, tantôt selon l’autre ; il existerait donc, de la part d’Ibn ʿUmar et d’Ibn ʿAbbâs, deux rapports divergents.

Soit l’on dira : en réalité, l’une de ces deux versions est authentique à l’exclusion de l’autre ; dans ce cas, nul connaisseur des transmissions ne doutera qu’il faille accorder la primauté au récit qui rapporte d’eux l’obligation d’une expiation pour ces serments, plutôt qu’à celui qui rapporte la nécessité de mettre à exécution l’objet juré ; de plus, aucun d’entre eux n’a transmis la moindre exception concernant l’affranchissement.

Quant à l’affirmation [73/a] de celui qui prétend que, dans le récit de Laylâ bint al-ʿAǧmâʾ, leur intention excluait l’affranchissement, c’est là une assertion que personne n’a jamais rapportée d’eux, ni par une chaîne de transmission authentique ni même faible. Il s’agit d’un raisonnement fondé sur un texte qui ne le prouve nullement ; il prouve au contraire l’inverse, à savoir l’égalité qu’ils établissent entre l’affranchissement et les autres cas dans les deux versions. Que l’homme avisé médite donc sur les fondements de celui qui prête aux Compagnons des propos qu’ils n’ont jamais tenus en distinguant entre l’affranchissement et le reste : tout ce qu’il avance ne démontre que l’opposé de sa thèse, non sa thèse elle-même.

Section

Quant à celui qui a introduit, dans le récit de Laylâ, la formule : « Affranchis donc ta servante », c’est une pure erreur ; nul ne l’a rapportée dans le récit de Laylâ, comme cela a été exposé en détail en son lieu. (1) (2)

(1) À l’origine : « yaqūluhu ». (2) Il écrit dans al-Majmū‘ (t. 33, p. 195) : « Quant à l’addition qu’il attribue au ḥadīth d’Abū Rāfi‘ — selon laquelle ils auraient dit “ʿAtqi jāriyatika” (affranchis ta captive) — c’est une erreur ; en effet, personne, dans ce ḥadīth, n’a rapporté qu’ils aient prononcé “ʿAtqi jāriyatika”. Or ce ḥadīth a été transmis par Aḥmad, al-Jawzjānī, al-Athram, Ibn Abī Shayba, Ḥarb al-Karmānī et de nombreux autres, et aucun n’en fait mention. De plus, l’ensemble des réponses d’Aḥmad montre qu’il ne l’attribue à aucun d’entre eux : il s’est limité à répondre que le serment d’affranchir l’esclave n’a été mentionné que par al-Taymī. Quant à Abū Muḥammad, il l’a emprunté à Jāmi‘ al-Khallāl, et al-Khallāl l’évoque dans le cadre de la question d’Abū Ṭālib — comme nous l’avons expliqué : il s’agit là d’une erreur imputable à Aḥmad. Par ailleurs, Abū Ṭālib commet parfois des erreurs dans la compréhension de ce qu’il rapporte : c’en est une. » Voir également : Majmū‘ al-Fatāwā (t. 33, p. 190) ; Qā‘idat al-‘Uqūd (t. 2, pp. 337 et suiv.) ; al-Furū‘ (t. 9, p. 99) ; et infra, p. 859 et suiv.
وأيضًا؛ فالروايات الثابتة عن ابن عمر وابن عباس توافق حديث ليلى بنت العجماء وتناقض هذا الخبر؛ وحينئذ، فلا بُدَّ من أحد أمرين: إما أَنْ يقال: إِنَّ الصحابة أفتوا بهذا تارة وبهذا تارة؛ فيكون عن ابن عمر وابن عباس روايتان. وإما أَنْ يقال: بل إحدى الروايتين هي الصحيحة دون الأخرى؛ وحينئذٍ لا يستريب عالم بالمنقولات في وجوب تقديم رواية من روى التكفير عنهم في هذه الأيمان على رواية من روى لزوم ما حلف به، ولم ينقل أحد منهم استثناء العتق. فقول [٧٣/ أ] القائل: إِنَّ مرادهما في حديث ليلى بنت العجماء ما عدا العتق؛ قولٌ لم ينقله (١) أحدٌ عنهم لا بإسناد صحيح ولا ضعيف، واستدلالٌ بما لا يدل، بل يدل على نقيض ذلك من التسوية بين العتق وغيره من كلا الروايتين؛ فليتدبر اللبيب ما اعتمد عليه مَنْ يُقَوِّل الصحابة ما لم يقولوه من التفريق بين العتق وغيره، فإنه لا يدل ما يذكرونه إلا على نقيض مطلوبهم لا على مطلوبهم. فصلٌ وأما مَنْ ذكر في حديث ليلى من قوله: وأعتقي جاريتك؛ فهذا غلط محضٌ، لم ينقله أحد في حديث ليلى؛ كما قد بسط في موضعه (٢) .
(١) في الأصل: (يقله). (٢) قال في المجموع (٣٣/ ١٩٥): (وأما ما ذكره من الزيادة في حديث أبي رافع، وأنهم قالوا: (أعتقي جاريتك) فهذا غلطٌ؛ فإنَّ هذا الحديث لم يذكر فيه أحدٌ أنهم قالوا: (وأعتقي جاريتك). وقد رواه أحمد والجوزجاني والأثرم وابن أبي شيبة وحرب الكرماني وغير واحدٍ من المصنفين فلم يذكروا ذلك. وكلام أحمد في عامة أجوبته يبيِّن أنه لم يذكر أحد عنهم ذلك، وإنما أجاب بكون الحلف بعتق المملوك إنما ذكره التيمي. وأبو محمد نقلَ ذلك من جامع الخلال، والخلال ذكر ذلك ضمن مسألة أبي طالب ــ كما قد بيَّنَّاه ــ؛ وذلك غلطٌ على أحمد. وأبو طالب له ــ أحيانًا ــ غلطاتٌ في فهم ما يرويه؛ هذا منها). وانظر: مجموع الفتاوى (٣٣/ ١٩٠)، وقاعدة العقود (٢/ ٣٣٧ وما بعدها)، والفروع (٩/ ٩٩)، وما سيأتي (ص ٨٥٩ وما بعدها).

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