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Quant à l’objection de l’interlocuteur :
« Les propos d’Ibn ʿAbbâs et d’Ibn ʿUmar constituent un texte explicite et détaillé, ne souffrant aucune interprétation ; ils montrent que, dans le récit de Laylâ et la fatwâ donnée à propos de Laylâ bint al-ʿAǧmâʾ, leur intention visait tout sauf l’affranchissement. » (1)
Nous lui répondons :
Bien au contraire, les propos d’Ibn ʿAbbâs et d’Ibn ʿUmar — lorsqu’ils sont authentiques — sont un texte qui établit l’égalité de traitement entre le serment portant sur l’affranchissement et celui portant sur l’aumône ; dans une autre version, il est ajouté : « … ainsi que [s’il jure] de s’immoler lui-même » ; l’obligation, dans tous ces cas, consiste à s’en tenir à l’engagement et non à procéder à une expiation.
Le récit de Laylâ, lui aussi, énonce clairement cette égalité entre l’affranchissement et les autres formes. Tout ce qui a été rapporté des Compagnons, qu’il s’agisse d’affirmation ou de négation, ne prouve que l’égalité entre le serment portant sur l’affranchissement et les autres serments, nullement l’avis de ceux qui font une distinction. Celui qui établit une distinction contredit donc l’ensemble de ce qui est transmis des Compagnons ; il s’oppose ainsi au consensus de ces derniers, aucun désaccord n’ayant été connu parmi eux à ce sujet.
Ainsi, ce ḥadith est un texte qui contredit l’opinion des juristes imposant l’exécution de l’objet juré lorsqu’il s’agit d’un vœu, opinion qu’aucun fuqahâʾ n’a retenue : ni Abû Ḥanîfa, ni Mâlik, ni al-Shâfiʿî, ni Aḥmad, ni aucun des savants réputés. Il s’oppose donc à l’avis de tous les savants dont les positions nous sont connues. Aucun d’eux n’a affirmé que, lorsqu’on jure de donner un bien en aumône, il faille en acquitter la zakât, ni que, lorsqu’on jure de s’immoler, l’obligation soit d’offrir une badana ; seul Rabîʿa est rapporté avoir adopté partiellement une telle opinion.