Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

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Quant à l’objection de l’interlocuteur :
« Les propos d’Ibn ʿAbbâs et d’Ibn ʿUmar constituent un texte explicite et détaillé, ne souffrant aucune interprétation ; ils montrent que, dans le récit de Laylâ et la fatwâ donnée à propos de Laylâ bint al-ʿAǧmâʾ, leur intention visait tout sauf l’affranchissement. » (1)

Nous lui répondons :
Bien au contraire, les propos d’Ibn ʿAbbâs et d’Ibn ʿUmar — lorsqu’ils sont authentiques — sont un texte qui établit l’égalité de traitement entre le serment portant sur l’affranchissement et celui portant sur l’aumône ; dans une autre version, il est ajouté : « … ainsi que [s’il jure] de s’immoler lui-même » ; l’obligation, dans tous ces cas, consiste à s’en tenir à l’engagement et non à procéder à une expiation.

Le récit de Laylâ, lui aussi, énonce clairement cette égalité entre l’affranchissement et les autres formes. Tout ce qui a été rapporté des Compagnons, qu’il s’agisse d’affirmation ou de négation, ne prouve que l’égalité entre le serment portant sur l’affranchissement et les autres serments, nullement l’avis de ceux qui font une distinction. Celui qui établit une distinction contredit donc l’ensemble de ce qui est transmis des Compagnons ; il s’oppose ainsi au consensus de ces derniers, aucun désaccord n’ayant été connu parmi eux à ce sujet.

Ainsi, ce ḥadith est un texte qui contredit l’opinion des juristes imposant l’exécution de l’objet juré lorsqu’il s’agit d’un vœu, opinion qu’aucun fuqahâʾ n’a retenue : ni Abû Ḥanîfa, ni Mâlik, ni al-Shâfiʿî, ni Aḥmad, ni aucun des savants réputés. Il s’oppose donc à l’avis de tous les savants dont les positions nous sont connues. Aucun d’eux n’a affirmé que, lorsqu’on jure de donner un bien en aumône, il faille en acquitter la zakât, ni que, lorsqu’on jure de s’immoler, l’obligation soit d’offrir une badana ; seul Rabîʿa est rapporté avoir adopté partiellement une telle opinion.

(1) «At-Taḥqīq», fol. 37a.
فصلٌ وأما قول المعترض: (فكلامُ ابنِ عباس وابنِ عمر فيه نَصٌّ بالتفصيل لا يَحتمل التأويل، وهو يُبَيِّنُ لنا أنَّ مرادهما في أثر ليلى وفتيا ليلى بنت العجماء= أَنَّ مرادهما ما عدا العتق) (١) . فيقال له: بل كلام ابن عباس وابن عمر ــ إِنْ صحَّ ــ فهو نص في التسوية في الحلف بالعتق والصدقة، وفي الرواية الأخرى: ونحر نفسه؛ وأنَّ الواجب في جميع ذلك اللزوم لا الكفارة. ورواية ليلى ــ أيضًا ــ صريحةٌ في التسوية بين العتق وغيره، والمنقول عن الصحابة نفيًا وإثباتًا لا يدل إلا على التسوية بين الحلف بالعتق وغيره لا على قول مَنْ فَرَّقَ؛ فمن فَرَّقَ فقد خالف جميع ما نُقِلَ عن الصحابة، وهذا هو المخالف لإجماع الصحابة إذ لم يُعرف عن الصحابة في ذلك نزاع. فهذا الحديث نَصٌّ على خلاف من يوجب الوفاء بالنذر المحلوف به من الفقهاء، ولم يَقُلْ بهذا أحد من الفقهاء؛ فلا أبو حنيفة ولا مالك ولا الشافعي ولا أحمد ولا أحد من العلماء المعروفين غيرهم يقول بما في هذا الحديث؛ فهو نص في خلاف قول جميع العلماء الذين تُعرف أقوالهم، فلم يقل أحد من العلماء الذين تعرف أقوالهم أَنَّ في الحلف بصدقة المال الزكاة وفي الحلف بنحر نفسها بدنة، بل ربيعة يعرف عنه بعض هذا.
(١) «التحقيق» (٣٧/ أ).

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