Il ressort donc clairement que la formulation même du ḥadith entame son authenticité et montre qu’il n’a pas été conservé avec exactitude ; et les rapporteurs fiables et irréprochables contredisent ce Ibn Hâḍir dans ce qu’il a rapporté, quand bien même il eût été compté parmi les savants réputés pour leur rigueur. Que dire alors lorsque nous ne savons même pas s’il est précis dans ce qu’il transmet ?
Le fait qu’il soit conteur (1) et homme pieux (2) n’implique nullement qu’il soit rigoureux ; bien au contraire, cela compte parmi les signes de son manque de fiabilité (3). En effet, la plupart des conteurs vertueux – tels Ṣāliḥ al-Murrī, Mālik b. Dīnār et d’autres (4) – malgré leur piété et leur activité de prédication, ne retiennent pas les formulations exactes des ḥadiths ; on ne se fonde donc pas, pour les questions juridiques, sur leur seule transmission, et il est a fortiori inconcevable d’opposer leur version à celle des narrateurs prudents, fiables et vertueux (5).