Si cela avait été authentiquement rapporté d’Ibn ʿUmar et d’Ibn ʿAbbâs, les choses n’en seraient pas ainsi et l’on n’aurait pas compté ce point parmi les singularités de Rabîʿa (1).
Cinquième cause d’invalidité :
Il y est mentionné que, pour s’être immolé lui-même, la sanction consiste en l’offrande d’une budna (2). Or il est notoire, d’après Ibn ʿAbbâs, que l’on se contente alors d’une brebis ou bien de l’expiation d’un serment. Ce jugement est solidement établi d’Ibn ʿAbbâs par des chaînes authentiques, et la majorité des savants – tels Abû Ḥanîfa, Aḥmad et d’autres – l’ont suivi, tandis que certains, comme aš-Šâfiʿî, ne l’ont pas adopté.
L’argument principal des juristes en la matière est de suivre les Compagnons. Si donc il avait été confirmé d’Ibn ʿAbbâs, d’Ibn ʿUmar, d’Ibn az-Zubayr ou de Jâbir qu’ils avaient prescrit, en pareil cas, l’offrande d’une budna, il aurait été prioritaire de s’y conformer.
Cela constitue une preuve contre ceux qui soutiennent que le caractère obligatoire du vœu prononcé par obstination ou colère est l’opinion des ʿAbâdilah, car ils ne s’accordent pas avec les ʿAbâdilah ni pour imposer une budna ni pour rendre obligatoire la zakât sur les biens. Aucun jurisconsulte n’est d’ailleurs connu pour avoir endossé l’avis attribué aux ʿAbâdilah dans cette réponse : on ne trouve (3), excepté chez Rabîʿa, aucune fatwâ imposant la zakât, et lui-même ne partage pas leur position sur l’obligation de la budna. Ceux – parmi « les quatre » – qui se sont rangés à l’obligation d’affranchir un esclave n’ont pas adopté le reste, à savoir l’obligation de la budna et la suffisance de la zakât sur le patrimoine. Or, imposer la budna constitue un durcissement, tandis que se contenter de la zakât représente un allègement ; cette combinaison est donc incohérente.
De plus, ʿUthmân ibn Ḥâḍir n’est pas connu pour la rigueur de sa mémorisation ; il n’est pas célèbre pour la fiabilité de ses transmissions, et les auteurs des Ṣaḥîḥ – al-Bukhârî comme Muslim – n’ont rien rapporté de lui, pas plus que les compilateurs des Sunan, an-Nasâ’î et at-Tirmidhî.