« On ne se rapproche pas d’Allah par la colère ; qu’elle s’acquitte donc de l’expiation de son serment » (1).
Il rapporta ensuite : « Ibn al-Ṭabbāʿ m’a transmis, Abû Bakr ibn ʿAyyâsh (2) nous a relaté, d’après al-ʿAlâʾ ibn al-Musayyib, d’après Yaʿlâ ibn [Nuʿmân] (3), d’après ʿIkrima, que Ibn ʿAbbâs fut interrogé au sujet d’un homme qui avait voué tous ses biens aux pauvres. Il répondit : “Garde ton patrimoine, dépense-le pour tes proches, acquitte ta dette et expie ton serment.” (4)
Al-Bukhârî (5) rapporte encore cette parole d’Ibn ʿAbbâs : « Le divorce n’est prononcé que pour satisfaire un besoin, tandis que l’affranchissement est ce par quoi l’on recherche la Face d’Allah. »
Ces chaînes de transmission, fermes et authentiques, attribuent donc à Ibn ʿAbbâs une position opposée au ḥadîth de ʿUthmân ibn Ḥâḍir : lorsqu’un engagement suspendu tient lieu de serment, il juge qu’il suffit d’acquitter l’expiation du serment sans imposer à l’auteur d’exécuter ce qu’il a suspendu, contrairement au vœu conditionné par la réalisation d’un acte, qu’il déclare obligatoire. Il est de surcroît notoire que certaines de ces versions constituent déjà, à elles seules, un motif de faiblesse pour le ḥadîth de ʿUthmân ibn Ḥâḍir ; que dire alors lorsqu’on les considère toutes ensemble ?
Cette voie est, de la part d’Ibn ʿAbbâs, mieux établie que l’autre. Si l’objecteur le souhaite, qu’il les tienne donc simplement pour deux versions différentes rapportées d’Ibn ʿAbbâs.