Il y avait entre eux un héritage ; l’un d’eux demanda à son compagnon d’en faire le partage. Celui-ci rétorqua : « Si tu reviens encore à me réclamer le partage, alors tout mon bien sera voué au verrou de la Kaʿba. »
ʿUmar lui dit : « La Kaʿba n’a nul besoin de ta fortune ; acquitte l’expiation de ton serment et partage avec ton frère. J’ai entendu le Messager d’Allah — que les prières et la paix d’Allah soient sur lui — dire : “Il n’y a ni serment ni vœu valables lorsqu’ils impliquent la désobéissance envers le Seigneur, la rupture des liens de parenté ou ce que tu ne possèdes pas.” »
Il se peut donc que Saʿīd ait rendu une fatwā suivant l’avis de ʿUmar ; mais, lorsqu’on lui rappela la fatwā d’Ibn ʿUmar, il s’abstint de confirmer l’obligation et déclara : « Il est plus savant. » Que cela ait eu lieu du vivant de ʿUmar ou après sa mort, on y décèle une suspension de sa propre opinion et la reconnaissance que son père était plus compétent que lui dans cette question, son père ayant statué en faveur d’une simple expiation de serment.
Le propos est ici le suivant : il a été authentiquement rapporté, par plusieurs chaînes, qu’Ibn ʿUmar — qu’Allah les agrée, lui et son père — s’exprime d’une manière qui contredit le ḥadîth d’ʿUthmān ibn Ḥāḍir, tant dans la version de Sālim que dans celle d’Abû Rāfiʿ ; or ces deux narrateurs sont bien plus fiables et plus érudits qu’ʿUthmān ibn Ḥāḍir. À ces deux chaînes s’ajoute encore une troisième [71/a] provenant d’Ibn ʿUmar. Comment, dès lors, affirmer au nom d’Ibn ʿUmar ce que ces narrateurs lui opposent ?
Le serment impliquant l’affranchissement d’un esclave se trouve également dans le ḥadîth de Laylâ, lequel est — de l’avis unanime des savants — plus authentique que le ḥadîth d’ʿUthmān ibn Ḥāḍir.
Deuxième motif de faiblesse : il est établi qu’Ibn ʿAbbâs a émis un avis contraire à celui rapporté dans le ḥadîth d’ʿUthmān ibn Ḥāḍir ; cela est mentionné par certaines voies du ḥadîth de Laylâ bint al-ʿAjmâʾ.
Abû Bakr al-Athram a dit : « ʿAbd Allâh ibn Rajâʾ nous a rapporté, ʿImrân nous a informés, d’après Qatâda, d’après Zurâra ibn Awfâ : qu’une femme interrogea Ibn ʿAbbâs au sujet d’une femme ayant voué son manteau comme offrande sacrificielle (hady) si jamais elle le mettait. Ibn ʿAbbâs demanda : “Était-ce dans un accès de colère ou de satisfaction ?” Ils répondirent : “Dans la colère.” Il dit …”