Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

ne peut être écartée avec certitude ; la simple éventualité suffit pour empêcher d’affirmer catégoriquement l’existence d’un ijmâʿ, même si l’on allègue que la forte présomption d’un consensus est suffisante, opinion effectivement adoptée par Abû Thawr et ses semblables (1).

On dira alors :
La forte présomption de l’authenticité du ḥadîth de Laylâ bint al-ʿAǧmâ’, où l’affranchissement est mentionné, est quant à elle suffisante, et elle résulte de certains des arguments que nous avons exposés.

Quant à son invalidité du point de vue du sens et de la matière même de la preuve, on lui répondra :
Si le ḥadîth de ʿUthmân b. Ḥâḍir est authentique, il contredit sans conteste ce qui est établi chez les Compagnons concernant l’expiation dans le serment formulé par un vœu ou par l’affranchissement ; la divergence sur ce point est confirmée, chez les Compagnons, par le ḥadîth de Laylâ et par d’autres récits, car le ḥadîth de ʿUthmân met l’affranchissement sur le même plan que le reste et ne fait aucune distinction entre eux.

De surcroît, ce ḥadîth ne rapporte une dissension que d’Ibn ʿUmar ; quant à Ḥafṣa et Zaynab, rien n’est transmis d’elles qui contredise le ḥadîth de Laylâ.

En conséquence, il n’est pas permis de repousser ce qui est rapporté de Ḥafṣa et Zaynab par ce qui est rapporté d’autres qu’elles ; si la transmission provenant d’autres que ces deux Compagnonnes s’avère authentique, elle ne fait qu’établir une divergence entre ces dernières et ce qui est rapporté d’elles, sans pour autant affaiblir ce qui est rapporté d’elles.

Dès lors, il n’est pas recevable d’opposer au récit de Ḥafṣa et Zaynab le vestige (2) rapporté d’ʿUthmân ; l’on sait, en effet, que celui-ci a été transmis par des narrateurs dignes de confiance sans qu’aucun texte ne le contredise. Si toutefois le vestige d’ʿUthmân est authentique, sa portée maximale est simplement d’établir l’existence d’un désaccord entre les Compagnons – qu’Allâh les agrée tous.

(1) Tel quel dans l’original ; c’est l’ijmāʿ qu’Abū Thawr a rapporté en premier, d’où la transmission qui lui revient. Il est possible qu’il s’agisse d’une coquille du copiste et que la forme correcte soit « bi-qawl ». (2) Je l’ai ainsi lue ; le mot n’est pas clair.
سبيل إلى العلم بنفيه؛ ومجرد الاحتمال كافٍ في منع الجزم بالإجماع، وإن ادَّعى أن ظن الإجماع كافٍ وهو حاصل قِبَل (١) أبي ثور وأمثاله. قيل: وظن صحة خبر ليلى بنت العجماء وذكر العتق فيه كاف وهو حاصلُ بعضِ ما ذكرناه. وأما فساده من جهة المعنى ومادة الدليل؛ فيقال له: خبر عثمان بن حاضر إنْ كان صحيحًا فهو مخالف قطعًا لما ثبت عن الصحابة من الكفارة في الحلف بالنذر والحلف بالعتق، والنزاع في ذلك ثابت عن الصحابة بخبر ليلى وخبر غير ليلى؛ فإنَّ خبر عثمان يُسَوِّي بين العتق وغيره لا يُفرق بينهما. وأيضًا؛ فإنه ليس فيه خلاف عن كل مَن ذُكِرَ في خبر ليلى وإنما فيه خلاف عن ابن عمر؛ وأما حفصة وزينب فلم ينقل عنهما خلافُ ما في خبر ليلى. وحينئذٍ؛ فلا يجوز دفع ما فيه نَقْلٌ عن حفصة وزينب بما نُقِلَ عن غيرهما، بل إذا صح ما نُقِلَ عن غيرهما كان في ذلك نزاع بينهما وبين ما نقل عنهما، ولم يكن ما نقل عن غيرهما مُضَعِّفًا لما نقل عنهما. وحينئذٍ؛ فلا يجوز أَنْ يُعَارَضَ بأثرِ عثمان ما نُقِلَ عن حفصة وزينب، وقد عُرِفَ أَنَّ ذاك نَقَلَهُ الثقات ولم يعارضه (٢) شيء؛ فإن كان أثر عثمان صحيحًا فغايته أَنْ يُثْبِتَ النزاعَ بين الصحابة - رضي الله عنهم -. * * * *
(١) كذا في الأصل، والإجماع أول من نقله أبو ثور، فالنقل من قِبَلِهِ. ويحتمل أنها تصحفت على الناسخ ويكون صوابها (بقول). (٢) هكذا قرأتها، والكلمة غير واضحة.

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