Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

n’a établi la divergence qu’en posant comme hypothèse leur authenticité à tous deux(1) ; il est donc inutile d’affirmer : « La divergence entre les Compagnons n’est établie que si chacune des deux versions est authentifiée et qu’aucune n’est entachée d’une ‘illa. »

Puis il s’est contredit en disant : « Quant à l’hypothèse où l’on relève une ‘illa, il se peut que les deux soient authentiques. »

On lui rétorquera : Or, s’ils sont réellement authentiques, la divergence est bel et bien avérée, quand bien même chacun contiendrait une ‘illa non invalidante, car la présence d’une ‘illa concomitante à l’authenticité ne saurait l’annuler. À plus forte raison lorsque, dans un ḥadîth, la ‘illa n’entame pas son authenticité et que sa faiblesse ou sa nullité est d’ores et déjà connue.

Dès lors que l’on admet leur authenticité, la divergence entre les Compagnons est confirmée, qu’ils comportent ou non une ‘illa ; son affirmation : « La divergence entre les Compagnons ne se confirme que si chacun des deux récits est authentifié et exempt de toute ‘illa » est donc une parole caduque.

[69/a]

Quant à son propos : « La simple éventualité nous suffit », on lui répond : Une éventualité improbable ne saurait invalider les preuves légales. Si l’on permettait qu’une simple éventualité suffise à entamer la preuve, il ne serait plus possible de se fonder ni sur le caractère général d’un texte, ni sur le khabar al-wāḥid, ni sur le qiyās.

Seule est réellement invalidante l’éventualité concurrente : lorsque l’opposant montre que l’énoncé du démonstrateur peut être conforme à l’interprétation avancée comme à son contraire, selon deux possibilités équivalentes, l’indication probante est suspendue ; et s’il prouve que l’éventualité contraire est plus manifeste, l’indication tombe entièrement.

On dira encore : Un tel discours est celui de quiconque se prévaut de l’autorité de celui qui rapporte le consensus(2), tout en sachant qu’il ne possède aucune science de la négation de la dissension, qu’il a déjà rapporté d’autres ijmāʿ au sujet desquels on a par la suite découvert une dissension(3) qui lui avait échappé, et qu’il se peut également qu’il subsiste ici une divergence qu’il n’a pas perçue ; cette simple éventualité ne

(1) À l’origine : « صحتها », mais la lecture que j’ai retenue est sans doute la bonne. (2) Le texte original peut également se lire « لمن ». (3) À l’origine : « نزاعًا », mais la lecture que j’ai retenue est sans doute la bonne.
يثبت النزاع إلا على تقدير صحتهما (١) ، فلا حاجة إلى قوله: إنما يثبت النزاع عن الصحابة بأن يثبت كل من الأمرين ولا علةَ فيه. ثم تناقض فقال: (أما مع التعليل فيحتمل أن يكونا صحيحين) . فيقال له: وإذا كانا صحيحين فقد ثبت النزاع وإن كان فيهما علة غير قادحة، لأنَّ العلة مع الصحة لا تكون قادحة فيه؛ فكيف في حديث فيه علة لا تقدح في صحته بل قد عُرِفَ ضعفها أو بطلانها؟ وإذا كان بتقدير صحتهما فقد ثبت النزاع بين الصحابة سواء كان فيهما علة أو لم يكن فقوله: لا يثبت النزاع بين الصحابة إلا إِنْ ثبت كل منهما ولا علة فيه = كلامٌ باطل. [٦٩/ أ] وأما قوله: (ونحن يكفينا الاحتمال) . فيقال له: الاحتمال المرجوح لا يقدح في الأدلة الشرعية، ولو جاز أن يكون مجرد هذا قادحًا = لم يُحَتَجَّ بالعموم ولا خبر الواحد ولا القياس. وإنما القادح هو: الاحتمال المقاوم، فإذا بَيَّنَ المعترض أن ما ذكر يحتمل أن يكون كما ذكره المستدل، ويحتمل أن يكون بخلاف ذلك؛ احتمالين متساويين= وُقِفَت دلالته، وإنْ بَيَّنَ أن احتمال الخلاف أظهر= بطلت دلالته. ثم يقال: مثل هذا الكلام يقوله مَن يحتج بمن (٢) نقل الإجماع مع العلم بأنه لا علم له بِنَفْي النزاع، وأنه قد نقل إجماعًا غير هذا وظهر فيه نزاعٌ (٣) لم يطلع عليه، وأنه يحتمل أن يكون فيها نزاع لم يطلع عليه، وهذا احتمال لا
(١) في الأصل: (صحتها)، ولعل الصواب ما أثبتُّ. (٢) تحتمل في الأصل: (لمن). (٣) في الأصل: (نزاعًا)، ولعل الصواب ما أثبتُّ.

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