— à l’exclusion du récit de Laylâ bint al-‘Aǧmâʾ.
En effet, par des voies plus solides que celle d’‘Uthmân, il est établi, d’un commun accord entre les gens de science, que les Compagnons, lorsqu’il s’agissait d’un serment formulé sous forme de condition – c’est-à-dire d’une clause suspendue ayant valeur de serment –, émirent une fatwâ prescrivant la kaffârat yamîn (expiation de serment). Dans le ḥadîth d’‘Uthmân b. Ḥâḍir, toutefois, ils auraient rendu une fatwâ imposant l’exécution de la condition (luzûm). Dès lors, nul savant ne conteste qu’il faille impérativement faire prévaloir ces récits authentifiés sur la voie rapportée par ‘Uthmân b. Ḥâḍir, celle-ci n’ayant pas la force de leur faire face.
Cependant, si le ḥadîth d’‘Uthmân avait établi une distinction entre l’affranchissement et les autres cas, il entrerait en contradiction avec la version selon laquelle les Compagnons ont, pour l’affranchissement comme pour le reste, prescrit la kaffârat yamîn. Or la voie rapportée par ‘Uthmân contredit l’ensemble des récits établis des Compagnons ; c’est pourquoi la plupart des disciples d’al-Shâfi‘î et d’Aḥmad – tels le shaykh Abû Ḥâmid, le qâḍî Abû Ya‘lâ et d’autres – l’ont récusée, affirmant qu’aucune divergence authentique des Compagnons n’est établie sur cette question.
Deuxième point :
Le ḥadîth d’‘Uthmân b. Ḥâḍir présente des variantes de formulation plus nombreuses encore que celles constatées dans le ḥadîth de Laylâ bint al-‘Aǧmâʾ ; nous y reviendrons.
Troisième point :
Le ḥadîth de Laylâ bint al-‘Aǧmâʾ a été accueilli par les savants avec agrément et confiance ; nul parmi eux ne l’a mis en cause ni déclaré faible. Tous les spécialistes du ḥadîth et du fiqh, qu’ils le suivent ou s’y opposent, en reconnaissent l’authenticité. Quant au ḥadîth d’‘Uthmân b. Ḥâḍir, nombre de savants l’ont critiqué, en particulier parmi les adeptes d’al-Shâfi‘î et d’Aḥmad.
Quatrième point :
Cet athar fait partie de ceux à propos desquels un consensus s’est formé, après Rabî‘a (1), en sens contraire.