On a dit :
Il s’agit là d’une préférence accordée à l’avis d’Ibn ʿAbd al-Barr par rapport à celui d’Ibn Ḥazm et de ceux qui, comme lui, n’ont retenu que Zaynab comme personne interrogée.
Quant à d’autres, tels Muḥammad ibn Naṣr, Ibn Ḥazm, Ibn al-Mundhir et leurs semblables, ils admettent l’ensemble du récit et affirment qu’il s’agit d’un supplément émanant d’un rapporteur digne de confiance ; dès lors, celui-ci est recevable. Il s’agit là d’une controverse célèbre ; chez les disciples d’Aḥmad, entre autres, deux opinions sont rapportées. La question peut, en outre, varier selon les cas ; en effet, il se peut que l’on connaisse la mémoire et la maîtrise d’un narrateur dans un récit donné, choses qui ne sont pas attestées chez un autre pour ce même récit.
L’intention est de montrer que la pondération par le nombre, évoquée ici, est bien mentionnée par les savants dans ce genre de situation : on fait alors prévaloir la version qui omet le supplément, car ceux qui ne citent que les trois noms sont plus fiables et plus précis qu’Ashʿath, quand bien même Ashʿath serait plus versé qu’eux en jurisprudence. En effet, le juriste veille davantage à la préservation du sens du ḥadith qu’à celle de ses chaînes de transmetteurs, tandis que le spécialiste du ḥadith s’attache davantage aux noms des rapporteurs qu’à la signification, et cela diffère selon les contextes.
C’est pourquoi, lorsque l’objet de
(1)
al-Bukhārī dans son « Tārīkh » était de mentionner les maillons de transmission, il ne s’est pas arrêté au libellé exact ; il a plutôt recensé les différentes voies, y compris certaines qu’aucun autre n’a citées.
S’agissant maintenant de la mention de l’affranchissement : Sulaymān al-Taymī jouit d’un rang plus élevé, d’une jurisprudence plus solide et d’une mémoire plus sûre que ceux qui ne l’ont pas mentionné ; dans cette mention, il est corroboré par Ashʿath et Jisr ibn al-Ḥasan, tandis que Ḥumayd et Bakr l’ont passée sous silence. Si l’on supposait un conflit, l’un affirmant et l’autre niant—Sulaymān affirmant ce que Ḥumayd nie—la version de Sulaymān l’emporterait sans conteste. De plus, Ashʿath et Jisr sont préférables à Ghalib ; que dire alors lorsqu’il n’y a pas opposition, mais seulement un supplément que l’autre n’a pas réfuté ?
Ce qui vient encore l’étayer, c’est que les formules de serment rapportées dans cette affaire mentionnent