En somme, Ibn Taymiyya a établi près de trente preuves attestant de la validité de cette opinion (1), et ses contradicteurs ne purent opposer à ses arguments rien de plus fort que de porter plainte auprès du sultan ; ils étaient incapables de réfuter cette démonstration, tandis que, pour le reste, il mit en évidence la fausseté de toutes leurs preuves et les anéantit de la façon la plus exhaustive (2).
La question demeure néanmoins digne de recherche et d’approfondissement, afin que l’homme sensé retienne ce qu’exige l’équité et choisisse une réponse qu’il présentera devant le Seigneur des serviteurs, et non une position motivée par la passion ou l’ostentation ; car ce bas-monde est déjà révolu, voué à disparaître. Qu’il se ménage donc ce qui conviendra à sa tombe et se prépare une réponse avec laquelle il se tiendra devant Allah – exalté soit-Il – lorsqu’il se dressera, tête découverte, nu, désemparé. Ce monde, tout entier, ne vaut pas un seul fals ; qu’il soit donc juste là où la justice s’impose, et qu’il ne tranche pas les questions selon son seul jugement personnel, car les savants sont les bergers de la religion d’Allah et le berger est responsable de son troupeau. Lorsque, au Jour de la Résurrection – jour de regret et de remords –, il contemplera les effrois, les événements et son registre, il suivra la vérité et délaissera la turpitude. Et je ne dis pas cela pour cette seule question, mais pour toutes les questions ; qu’il se prémunisse, qu’il se prémunisse absolument, contre le fait de rendre licite ce qui a été interdit, d’interdire ce qui a été rendu licite, de parler des attributs d’Allah sans science, ou de prononcer une parole qui le ferait sortir de l’islam (3).