Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

En somme, Ibn Taymiyya a établi près de trente preuves attestant de la validité de cette opinion (1), et ses contradicteurs ne purent opposer à ses arguments rien de plus fort que de porter plainte auprès du sultan ; ils étaient incapables de réfuter cette démonstration, tandis que, pour le reste, il mit en évidence la fausseté de toutes leurs preuves et les anéantit de la façon la plus exhaustive (2).

La question demeure néanmoins digne de recherche et d’approfondissement, afin que l’homme sensé retienne ce qu’exige l’équité et choisisse une réponse qu’il présentera devant le Seigneur des serviteurs, et non une position motivée par la passion ou l’ostentation ; car ce bas-monde est déjà révolu, voué à disparaître. Qu’il se ménage donc ce qui conviendra à sa tombe et se prépare une réponse avec laquelle il se tiendra devant Allah – exalté soit-Il – lorsqu’il se dressera, tête découverte, nu, désemparé. Ce monde, tout entier, ne vaut pas un seul fals ; qu’il soit donc juste là où la justice s’impose, et qu’il ne tranche pas les questions selon son seul jugement personnel, car les savants sont les bergers de la religion d’Allah et le berger est responsable de son troupeau. Lorsque, au Jour de la Résurrection – jour de regret et de remords –, il contemplera les effrois, les événements et son registre, il suivra la vérité et délaissera la turpitude. Et je ne dis pas cela pour cette seule question, mais pour toutes les questions ; qu’il se prémunisse, qu’il se prémunisse absolument, contre le fait de rendre licite ce qui a été interdit, d’interdire ce qui a été rendu licite, de parler des attributs d’Allah sans science, ou de prononcer une parole qui le ferait sortir de l’islam (3).

(1) Comme l’affirme Ibn al-Qayyim dans Iʿlām al-Muwaqqiʿīn, vol. 3, p. 363. (2) Ibid., vol. 5, p. 540. (3) Conclusion du livre Sīr al-Ḥāth d’Ibn al-Mubarrad, p. 219.
وفي الجملة فقد أقام ابن تيمية نحوًا من ثلاثين دليلًا على صحة هذا القول (١) ، (ولم يكن مع خصومه ما يَرُدُّونَ به عليه أقوى من الشكاية إلى السلطان، فلم يكن له بِرَدِّ هذه الحجة قِبَل، وأما ما سواها فبيَّنَ فسادَ جميع حججهم، ونقضها أبلغ نقض) (٢) . والمسألة لا زالت جديرةً بالبحث والبسط (ليختار العاقل ما يُوجب الإنصاف، ويختار جوابًا يقدم به على ربِّ العباد، ولا يختار شيئًا حميَّةً ورياءً؛ فإنَّ الدنيا مفروغٌ منها، وهي زائلةٌ؛ فيتخذ لنفسِهِ ما يَصلحُ لِرَمْسِهِ، وليتخذ جوابًا يقف به بين يدي الله ــ عزو جل ــ حين يقف حاسرًا عُريانًا مكشوف الرأس حيران؛ فالدنيا جميعها لا تُساوي فلسًا، وليُنْصِفْ حيث يحق الإنصاف، ولا يَقل في المسائل باجتهاد نفسِهِ؛ فإنَّ العلماء رعاةٌ على دين الله، والراعي مسئول عن رعيته، فإنه إذا أبصر يوم القيامة ــ يوم الحسرة والندامة ــ الأهوال والأمور وديوانه = اِتَّبَعَ الحق، وخلَّى الفجور؛ ولست أقول هذا في هذه المسألة، بل في جميع المسائل؛ والحذرَ كُلَّ الحَذرِ من أنْ يُبيح ما حُرِّمَ، أو يُحرم ما حلل، أو يتكلم في صفات الله بغير علم، أو يقول ما يَخرج به عن الإسلام) (٣) . * * * *
(١) قاله ابن القيم في إعلام الموقِّعين (٣/ ٣٦٣). (٢) إعلام الموقِّعين (٥/ ٥٤٠). (٣) خاتمة كتاب (سير الحاث) لابن المبرد (ص ٢١٩).

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