Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

Lorsque ceux qui l’ont omise sont plus nombreux alors même que leur capacité de mémorisation est équivalente, deux avis sont rapportés à ce sujet parmi les disciples d’Aḥmad et d’autres savants, et l’on évoque deux versions du propos d’Aḥmad (1).

En revanche, si l’ajout contredit (le reste du récit), nous sommes dans une situation de conflit. Par exemple : l’un rapporte que celui qui est interrogé et qui répond est le Prophète — paix et bénédictions d’Allâh sur lui —, tandis qu’un autre affirme que l’interrogé-répondant est Ibn ʿAbbâs dans une même histoire ; il s’agit alors d’une opposition et non d’un simple supplément qui ne contredit pas le contenu principal.

On en trouve l’illustration dans le ḥadith des deux qullas : certains ont transmis d’après Ibn ʿUmar que le Prophète — paix et bénédictions d’Allâh sur lui — fut questionné au sujet de l’eau et de ce que peuvent y laisser les bêtes sauvages ou domestiques, et qu’il répondit :

« Lorsque l’eau atteint deux qullas, elle ne porte plus la souillure » (2).

D’autres ont rapporté qu’Ibn ʿUmar lui-même fut interrogé et qu’il donna cette réponse (3). Si l’on admet qu’il s’agit d’un seul et même événement, nous sommes alors en présence d’une contradiction.

Quant au cas où certains mentionnent un supplément qu’ils ont retenu en mémoire (4) et que d’autres ne rapportent pas, cela n’est pas

(1) al-Musawwada, vol. 1, p. 588. (2) Rapporté par Abū Dāwūd (n° 63), at-Tirmidhī (n° 67), an-Nasā’ī dans ses Sunan (n° 52), Ibn Mājah (n° 517) et d’autres. Authentifié par Ibn Khuzaymah (n° 92), Ibn al-Jārūd (n° 44) et al-Hākim (vol. 1, p. 225), tandis que certains savants l’ont critiqué en raison du désordre de son isnād et de son matn, et pour l’avoir signalé comme un rapport mauqūf sur Ibn ʿUmar. Voir : Majmūʿ al-Fatāwā (vol. 20, p. 520 ; vol. 21, p. 35), al-Mustadrak ʿalā Majmūʿ al-Fatāwā (vol. 3, p. 17). Voir aussi : ʿIlal al-Daraqutnī (vol. 12, p. 434), Ta‘līqa ʿalā ʿIlal Ibn Abī Ḥātim (p. 13), Nasb al-Rayāh (vol. 1, p. 104), al-Badr al-Munīr (vol. 1, p. 404), Tahdhīb al-Sunan d’Ibn al-Qayyim (vol. 1, p. 152 et suiv. [«important»]). (3) Rapporté par Ibn Abī Shaybah (n° 1537), al-Bayhaqī dans les Sunan al-Kabīr (vol. 1, p. 396) et d’autres. Voir la remarque précédente. (4) Seules les trois premières lettres du mot apparaissent ; la forme que j’ai retenue est vraisemblablement la correcte.
الذين تركوها أكثر مع التساوي في الحفظ؛ وفيه قولان لأصحاب أحمد وغيرهم، ويذكر روايتان عن أحمد (١) . وأما إذا خالفت المزيد فهذا مقام تعارض، مثل: أن يذكر أحدُهما أَنَّ النبي - صلى الله عليه وسلم - هو المسؤول المجيب، ويذكر الآخر أَنَّ المسؤول المجيب هو ابن عباس في قصة واحدة؛ فهذا تعارض وليس هذا بزيادة لا تُناقِضُ المزيد؛ كما في حديث القلتين: روى بعضهم عن ابن عمر أن النبي - صلى الله عليه وسلم - سئل عن الماء وما ينوبه من السباع والدواب، فقال: «إذا بلغ الماء قلتين لم يحمل الخبث» (٢) ، وروى بعضهم أن ابن عمر هو الذي سئل وأجاب بهذا الجواب (٣) ؛ فإذا كانت القصة واحدة فهذا تعارض. وأما إذا ذكر بعضهم زيادة حفظها (٤) لم يذكرها غيره= فهذا ليس
(١) المسودة (١/ ٥٨٨). (٢) أخرجه أبو داود (٦٣)، والترمذي (٦٧)، والنسائي في سننه (٥٢)، وابن ماجه (٥١٧) وغيرهم. وصححه ابن خزيمة (٩٢)، وابن الجارود (٤٤)، والحاكم (١/ ٢٢٥)، وأعلَّه بعض أهل العلم بالاضطراب في سنده ومتنه، وبوقفه على ابن عمر. انظر: مجموع الفتاوى (٢٠/ ٥٢٠، ٢١/ ٣٥)، المستدرك على مجموع الفتاوى (٣/ ١٧). انظر: علل الدارقطني (١٢/ ٤٣٤)، تعليقة على علل ابن أبي حاتم (ص ١٣)، نصب الراية (١/ ١٠٤)، البدر المنير (١/ ٤٠٤)، تهذيب السنن لابن القيم (١/ ١٥٢ وما بعدها «مهم»). (٣) أخرجه ابن أبي شيبة (١٥٣٧)، والبيهقي في السنن الكبير (١/ ٣٩٦) وغيرهما. وانظر التعليق السابق. (٤) لم يظهر من الكلمة إلا الثلاثة الأحرف الأولى، ولعل الصواب ما أثبتُّ.

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