Lorsque ceux qui l’ont omise sont plus nombreux alors même que leur capacité de mémorisation est équivalente, deux avis sont rapportés à ce sujet parmi les disciples d’Aḥmad et d’autres savants, et l’on évoque deux versions du propos d’Aḥmad (1).
En revanche, si l’ajout contredit (le reste du récit), nous sommes dans une situation de conflit. Par exemple : l’un rapporte que celui qui est interrogé et qui répond est le Prophète — paix et bénédictions d’Allâh sur lui —, tandis qu’un autre affirme que l’interrogé-répondant est Ibn ʿAbbâs dans une même histoire ; il s’agit alors d’une opposition et non d’un simple supplément qui ne contredit pas le contenu principal.
On en trouve l’illustration dans le ḥadith des deux qullas : certains ont transmis d’après Ibn ʿUmar que le Prophète — paix et bénédictions d’Allâh sur lui — fut questionné au sujet de l’eau et de ce que peuvent y laisser les bêtes sauvages ou domestiques, et qu’il répondit :
« Lorsque l’eau atteint deux qullas, elle ne porte plus la souillure » (2).
D’autres ont rapporté qu’Ibn ʿUmar lui-même fut interrogé et qu’il donna cette réponse (3). Si l’on admet qu’il s’agit d’un seul et même événement, nous sommes alors en présence d’une contradiction.
Quant au cas où certains mentionnent un supplément qu’ils ont retenu en mémoire (4) et que d’autres ne rapportent pas, cela n’est pas