S’il est avancé :
« Il a écrit cela après avoir pris connaissance de la réponse abrégée [65/a] que l’auteur de la réplique avait d’abord formulée, et dans laquelle ne figure que la confirmation, par Jisr b. al-Ḥasan, du récit d’at-Taymî. »
Nous répondons :
Admettons que les choses se soient ainsi passées ; nous avons cependant deux imâms qui ont établi l’ajout, tandis que Ḥumayd et Bakr ne l’ont pas mentionné. D’où tient-on alors que ceux qui l’ont omis seraient plus nombreux ?
Quant à Aḥmad, il n’avait appris que seul at-Taymî l’avait rapporté ; en revanche, les versions de Ḥumayd et de Ghâlib lui étaient parvenues sans que l’ajout y figure. Il déclara donc :
« Ḥumayd et d’autres n’ont pas relaté l’émancipation. »
Ainsi, chez Aḥmad, la pluralité des transmetteurs entrait en concurrence avec l’éminence de Sulaymân, de sorte qu’il jugea préférable de suspendre son avis. Mais pour celui qui sait que d’autres que (1) Sulaymân l’ont conforté, il ne lui est pas permis de suivre cette voie ; que dire alors lorsqu’il est confirmé que deux personnes (2) l’ont effectivement corroboré ?
Sixième aspect :
À supposer même que nul n’ait authentifié l’ajout hormis Sulaymân at-Taymî, les autres ne l’ont jamais nié. S’ils l’avaient nié, il y aurait alors contradiction (3) nécessitant de départager les deux versions. On pourrait alors avancer que la version affirmatrice prime sur la négatrice et qu’at-Taymî est, quant à la dignité et à la fiabilité, supérieur à ceux qui s’opposent à lui. Or, ces derniers ne le contredisent pas ; en effet, ne pas mentionner un fait n’équivaut pas à affirmer son inexistence.
Un tel cas se retrouve dans la majorité des ḥadiths : il arrive qu’un traditionniste rapporte un élément supplémentaire qu’un autre passe sous silence, alors même que l’ensemble des spécialistes du ḥadith et du fiqh reconnaissent la validité de cet ajout ; les exemples en la matière sont innombrables.
Les savants ont d’ailleurs débattu de la question de l’ajout rapporté par un transmetteur digne de confiance, lorsque cette addition n’entre pas en contradiction