Et s’il se prévaut du raisonnement d’Aḥmad à propos de la transmission d’al-Taymī, on lui répond : Aḥmad — qu’Allāh lui fasse miséricorde — sa remise en cause du consensus allégué par ces gens est plus célèbre et plus explicite que l’explication qu’il donne au sujet du récit d’al-Taymī, et l’on rapporte cela de lui de manière abondante. En effet, Aḥmad réfute la revendication de consensus formulée par ces derniers et déclare fautive, avec plus d’assurance encore, toute personne qui affirme l’existence de ce consensus, bien davantage qu’il ne soutient que Sulaymān al-Taymī serait seul à le rapporter ou qu’il n’aurait pas conservé cette addition. Car Aḥmad ne détient pas non plus la certitude que cette addition n’ait été transmise que par al-Taymī, ni qu’il s’y soit trompé ; et Aḥmad est [64/a] plus savant et plus pieux envers Allāh que d’avancer pareille chose, tout en réprouvant chez autrui la prétention de connaître une divergence dont il n’a en réalité pas connaissance.
Notre affirmation : « Seul un tel l’a rapporté » équivaut à dire : « Nul n’a contesté cela. » Et quand bien même il se trouverait que personne d’autre ne l’ait transmis, il ne tranche pas pour autant sur l’erreur de celui qui l’a établi ; cela, compte tenu de son haut rang, de sa science et de sa mémoire. Les autres ne l’ont pas contredit en niant cette addition ; ils se sont simplement tus. Même si quelqu’un l’avait contestée, l’affirmation prévaudrait sur la négation, à moins que le négateur ne dispose d’une preuve qui fasse pencher la balance en sa faveur ; que dire donc lorsqu’aucun narrateur n’a rejeté cette addition ?
Cependant, Aḥmad, ayant jugé possible qu’al-Taymī se fût trompé — pensant qu’il était seul à la rapporter — et eu égard à ce qui est transmis d’eux deux selon quoi l’affranchissement devient effectif, en fit un argument renforçant l’obligation de l’affranchissement (1).
Or, si l’on avait dit à Aḥmad : « Dans cette addition, al-Taymī a été suivi par Ashʿath al-Ḥamrānī et Jisr ibn al-Ḥasan ; al-Taymī n’est donc pas seul à la rapporter », il n’aurait pas affirmé qu’il était isolé. Ainsi, la parole d’Aḥmad porte un coup plus sévère à l’argument de ceux qui s’appuient sur le prétendu consensus qu’elle n’en porte à l’argument de ceux qui invoquent les paroles établies des Compagnons.
Et s’ils disent : « La parole d’Aḥmad ne constitue pas pour nous une preuve, à moins d’être étayée par un argument…"