Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

Quatrièmement : la pratique s’est toujours maintenue à l’encontre de cet avis, si bien qu’il ne mérite aucune considération (1).

Il se peut que certains aient suggéré que la voie la plus prudente, dans cette question, consiste à retenir l’avis de la majorité ; toutefois, Ibn Taymiyya porte un regard pénétrant sur la notion même de précaution. De manière générale, la précaution est, selon lui, légitime dans les cas où l’on peut sortir de la divergence (2).

« La précaution est préférable tant qu’elle ne conduit pas celui qui l’adopte à contredire la Sunna ; mais si elle aboutit à cela, la précaution consiste alors à délaisser cette précaution » (3).

Et il ajoute : « La précaution… n’a pas pour but de rendre licite ce qui est catégoriquement illicite ; or, il est certain que cette femme est interdite aux étrangers. Celui qui fait porter le divorce sur elle alors qu’il subsiste un doute a, par ce doute, rendu licite l’illicite, et cela est unanimement inadmissible. En revanche, ordonner l’expiation alors qu’il y a doute ne revient qu’à prescrire un acte d’adoration dont on doute de l’obligation ; nul doute que celui qui hésite au sujet d’un acte cultuel qui lui incombe et qui, par précaution, l’accomplit, agit de manière louable. Si le conseiller lui demande, par précaution, d’accomplir ce dont il doute l’obligation, il agit bien. Cela n’est nullement comparable au fait d’interdire la femme à son mari et de la rendre licite à un étranger sur la base du doute, car personne n’est en mesure d’apporter une preuve attestant la réalisation effective du divorce juré » (4).

(1) Ibn Taymiyya a exprimé la même opinion que celle qu’un groupe de savants avait adoptée avant lui et à son époque. (2) Majmū‘ al-fatāwā, vol. 5, p. 81 ; vol. 10, p. 512 ; vol. 20, p. 262 ; vol. 21, pp. 23, 56, 521 ; vol. 23, pp. 267, 376, 390 ; vol. 25, pp. 100, 110, 124, 229 ; vol. 26, pp. 54, 124 ; vol. 35, p. 223 ; al-fatāwā al-kubrā, vol. 2, pp. 287, 318 ; vol. 6, p. 253 ; jāmīʿ al-rasāʾil, vol. 2, p. 141 ; al-masāʾil wa-al-ajwiba, p. 135 ; sharḥ kitāb al-ṭahāra min al-ʿumda, vol. 1, p. 484. (3) al-mustadrak ʿalā Majmū‘ al-fatāwā, vol. 5, p. 41. (4) ar-radd ʿalā al-Subkī, p. 172.
والرابع: أَنَّ العمل قد استمر على خلاف هذا القول، فلا يُلْتَفَتُ إليه (١) ). وربما أشار بعضهم إلى أنَّ الاحتياط في هذه المسألة هو بالأخذ بقول الجمهور إلا أنَّ لابن تيمية نظرته الفاحصة في القول بالاحتياط؛ فالاحتياط في الجملة مشروعٌ عنده فيما يمكن فيه الخروج من الخلاف (٢) ، (والاحتياط أحسن ما لم يُفْضِ بصاحبه إلى مخالفة السُّنَّة، فإذا أفضى إلى ذلك؛ فالاحتياط تَرْكُ هذا الاحتياط) (٣) ، و (الاحتياط ... ليس مشروعًا في تحليل ما كان محرمًا بيقين، وهذه المرأة محرمة على الأجانب بيقين؛ فمن أوقع الطلاق بها مع الشك فقد أَحَلَّ الحرام بالشك، وهذا لا يجوز بالاتفاق، وأما إذا أمر بالتكفير مع الشك فليس فيه إلا أمر بعبادة يشك في وجوبها، ولا ريب أَنَّ مَنْ شَكَّ في عبادة عليه فاحتاط بأدائها كان محسنًا، وإذا أمره الآمر بأن يحتاط لنفسه فيؤدي ما يشك في وجوبه كان محسنًا في ذلك لم يكن هذا بمنزلة من يحرم المرأة عليه ويحلها للأجنبي بالشك، فإنه لا يقدر أحد أن يقيم حجة على وقوع الطلاق المحلوف به) (٤) .
(١) وقد قال بمثل ما اختاره ابن تيمية جماعات من العلماء قبل ابن تيمية وفي عصره كذلك. (٢) مجموع الفتاوى (٥/ ٨١) (١٠/ ٥١٢) (٢٠/ ٢٦٢) (٢١/ ٢٣، ٥٦، ٥٢١) (٢٣/ ٢٦٧، ٣٧٦، ٣٩٠) (٢٥/ ١٠٠، ١١٠، ١٢٤، ٢٢٩) (٢٦/ ٥٤، ١٢٤) (٣٥/ ٢٢٣)، الفتاوى الكبرى (٢/ ٢٨٧، ٣١٨) (٦/ ٢٥٣)، جامع الرسائل (٢/ ١٤١)، المسائل والأجوبة (ص ١٣٥)، شرح كتاب الطهارة من العمدة (١/ ٤٨٤). (٣) المستدرك على مجموع الفتاوى (٥/ ٤١). (٤) الرد على السبكي (ص ١٧٢).

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