Il la revendique, tout comme il l’avait fait au sujet de la bête abattue sans que le Nom (1) fût prononcé. Il dit :
« Si quelqu’un venait à dire (2), concernant l’animal immolé par celui qui, par oubli, n’a pas mentionné le Nom d’Allāh – Exalté soit-Il – lors de l’abattage : “Il est illicite de consommer sa viande”, sa parole s’écarte de l’opinion de l’ensemble des autorités probantes. En effet, ce qui est fermement établi par le ḥadith du Messager d’Allāh – paix et bénédictions sur lui –, que m’a rapporté Saʿīd ibn ʿUthmān at-Tanūkhī (3), d’après Muḥammad ibn Yazīd ibn Sinān, d’après Maʿqil ibn ʿUbayd Allāh (4), d’après ʿAmr, d’après ʿIkrima, d’après Ibn ʿAbbās, est que le Prophète – paix et salut sur lui – a dit :
« Le musulman se suffit de son nom ; s’il oublie de prononcer la tasmiyah lorsqu’il immole, qu’il prononce alors le Nom d’Allāh et qu’il mange. » (5)
Il poursuit :
« Personne n’a déclaré illicite la consommation de ce sur quoi la mention du Nom d’Allāh a été omise par oubli ; ils ne l’ont que réprouvé, et nous le réprouvons également. Quant à l’interdiction formelle, elle n’est authentiquement rapportée d’aucun d’entre eux. »
(1) Voir ce qui précède (p. 9).
(2) Ajout dicté par le contexte.
(3) Le copiste a inscrit au-dessus «(أظنه)» («je le suppose»), et cette hypothèse est vraisemblable ; cf. Muʿjam Shuʾukh al-Ṭabarī (p. 254).
(4) À l’origine : «ʿAbd Allāh», attesté dans les sources de vérification.
(5) On le trouve également chez ad-Dāraqtanī dans ses Sunan (t. 5, p. 535), et chez al-Bayhaqī dans al-Sunan al-Kabīr (t. 19, p. 183, n° 18923) et dans al-Sunan al-Ṣaghīr (t. 4, p. 43) par la chaîne de Maʿqal, où il est rapporté marfūʿ. Il a par ailleurs été rapporté par Sufyān, d’après ʿAmr, d’après Abū al-Shaʿthā’, d’après Ikrīma, d’après Ibn ʿAbbās, en mūqūf selon la formule : «Lorsque le musulman abat un animal et oublie de nommer Dieu, qu’il le mange, car le musulman porte en lui l’un des noms de Dieu, exalté soit-Il.» Il a été rapporté aussi par Saʿīd b. Manṣūr dans son Tafsīr (t. 5, p. 81, n° 914) et par al-Bayhaqī dans al-Sunan al-Ṣaghīr (t. 4, p. 43) selon cette version, qui est la version authentiquement conservée. Voir : Maʿrifat al-Sunan wa-l-Āthār (t. 13, p. 447), Naṣb al-Rāyah (t. 4, p. 182), al-Badr al-Munīr (t. 9, p. 263), Irwāʾ al-Ghalīl (t. 8, p. 169).