Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

Jusqu’à ce qu’il déclare :

« Il incombe donc à ʿAtâʾ et à quiconque partage son avis à ce sujet – pourvu que la transmission rapportée par Ḥajjâj soit établie de façon authentique – de se conformer à ce que les imâms ont rapporté et diffusé de manière notoire : à savoir qu’aucune expiation n’est due à celui qui, délibérément, prête serment puis le viole (1). »

Ainsi, il ne tint aucun compte de la divergence d’Ach-Châfiʿî concernant le serment ghamûs. Réfléchis, en outre, à ce qui est rapporté d’al-Ḥakam ; c’est (2) plus faible encore que ce qui est rapporté de ʿAtâʾ. Puis (3) il leur dit : « En admettant même que sa parole soit authentique, il incombe à lui-même et à quiconque adopte son avis, tel Ach-Châfiʿî – car Ach-Châfiʿî se référait fréquemment à l’opinion de ʿAtâʾ (4) – de suivre ce que les imâms ont transmis de façon largement répandue : qu’aucune expiation n’incombe à celui qui ment délibérément dans son serment. » Il érigea donc cela en un consensus largement diffusé au sein de la communauté, qu’ils auraient rapporté du Prophète. Or, il est manifeste que la majorité des savants ont divergé sur ce point ; ils ne considèrent pas qu’un tel cas relève du consensus, ni que, lorsqu’un consensus est revendiqué [62/b], ses défenseurs aient nécessairement rapporté cela du Prophète – paix et bénédictions sur lui – de la même façon qu’ils ont transmis la formulation même du hadith et du Coran. Même s’ils affirment que le Coran ou la Sunna attestent la conformité du consensus, ils ne prétendent pas pour autant que chaque personne qui acquiesce au jugement s’appuie sur un texte qu’elle aurait reçu du Messager d’Allāh – paix et salut sur lui.

Parmi ceux sur lesquels s’est appuyé l’objectionniste et ceux qui lui ressemblent figure Ibn Jarîr, en raison du consensus qu’il affirme quant à la survenue du divorce qu’il prétend ; tel est le sens de ses propos au sujet des consensus qui

[(1) Ici s’achève la citation d’al-Ṭabarī, et il apparaît que «al-Mujīb» puise dans son ouvrage al-Laṭīf. (2) Dans l’original : «و» ; il est probable que la lecture correcte soit celle que j’ai retenue. (3) Dans l’original : «لكم». (4) Majmūʿ al-Fatāwā, t. 7, p. 208 ; t. 22, p. 428 ; t. 35, pp. 254, 260 ; al-Fatāwā al-Kubrā, t. 4, pp. 117, 121 ; Qāʿidat al-ʿuqūd, t. 1, p. 214 ; al-ʾĪmān, p. 165 ; Minhāj al-Sunna, t. 7, p. 530.
إلى أَنْ قال: (فالواجب على عطاء ومن قال بقوله في ذلك ــ إذا صحت عنه الرواية بما رواه حجاج ــ اتباع ما نَقَلَتهُ الأئمة مستفيضًا عنهم: ألا كفارة على الحالف الحانث عمدًا) (١) . فلم يَعْتَدَّ بخلاف الشافعي في اليمين الغموس. وتأمل ما نقل عن الحكم [فهو] (٢) أضعف مما نقل عن عطاء، ثم [قال لهم:] (٣) إنه بتقدير صحة قوله؛ فالواجب عليه وعلى من قال بقوله كالشافعي ــ فإنَّ الشافعي كان كثير الاتباع لقول عطاء (٤) ــ: أَنْ يتبعوا ما نقلته الأئمة مستفيضًا عنهم ألا كفارة على الحالف الكاذب عمدًا، فجعل هذا إجماعًا مستفيضًا في الأمة نقلوه عن النبي، ومعلومٌ أنَّ جمهور العلماء تنازعوا في هذا، فلا يجعلون مثل هذا إجماعًا، ولا يجعلون كل ما ادعي [٦٢/ ب] فيه الإجماع أنهم نقلوا ذلك عن النبي - صلى الله عليه وسلم - كما نقلوا لفظ الحديث والقرآن، وإنْ قالوا: إنَّ القرآن أو السنة دَلَّ على موافقة الإجماع، فلا يقولون: إِنَّ كل من وافق على الحكم مستنده نص منقول عنده عن الرسول - صلى الله عليه وسلم -. وابن جرير هو ممن اعتمد المعترض ونحوه على ما ادعاه من الإجماع في وقوع الطلاق التي يدعيها، وهذا معنى كلامه في الإجماعات التي
(١) إلى هنا ينتهي النقل عن الطبري، والظاهر أن المجيب ينقل من كتابه «اللطيف». (٢) في الأصل: (و)، ولعل الصواب ما أثبتُّ. (٣) في الأصل: (لكم). (٤) مجموع الفتاوى (٧/ ٢٠٨) (٢٢/ ٤٢٨) (٣٥/ ٢٥٤، ٢٦٠)، الفتاوى الكبرى (٤/ ١١٧، ١٢١)، قاعدة العقود (١/ ٢١٤)، الإيمان (ص ١٦٥)، منهاج السنة (٧/ ٥٣٠).

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