Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

Ses disciples, tels qu’Abû Yûsuf et d’autres encore, célèbres pour leurs fatwâs à Bassora et à Koufa, adoptaient la même position. Il ne lui était cependant pas parvenu qu’Abû Hanîfa s’en était rétracté et que Muhammad ibn al-Hasan l’avait rejoint, tant cette opinion était largement mise en pratique au Ḥijâz et en Irak.

Il ajouta ensuite :
« Quand bien même il existe à ce sujet une divergence entre les anciens imâms – Compagnons et Successeurs – et les savants plus tardifs du Ḥijâz, certains d’entre eux rendant en pareil cas obligatoire l’expiation d’un serment (kaffârat yamîn). » Par ces mots, il vise le désaccord d’al-Shâfiʿî – qu’Allâh lui fasse miséricorde – avec Mâlik – qu’Allâh lui fasse miséricorde – et d’autres Ḥijâziens ; en effet, al-Shâfiʿî impose ici la kaffârat yamîn. Il établit donc qu’un différend ancien existe déjà entre Compagnons, Successeurs et Ḥijâziens postérieurs.

Ibn Jarîr, toutefois, ne tenait pas compte de l’opinion des savants tardifs tels qu’al-Shâfiʿî, Ahmad, Isḥâq, Abû ʿUbayd, Abû Thawr et consorts, lorsqu’il ne trouvait pas de controverse plus ancienne sur la question. De même, Ismâʿîl ibn Isḥâq al-Qâḍî et ses semblables ne prennent pas en considération la divergence d’al-Shâfiʿî et de ceux qui lui sont apparentés.

Quant à Ahmad ibn Ḥanbal, il ne considérait que la divergence des Compagnons, puis des Successeurs ; il n’accordait aucun poids à l’opinion de ceux qui vinrent après eux et ne citait leurs propos qu’à titre de confirmation. Car, selon lui, les Compagnons et les Successeurs s’étaient exprimés sur la quasi-totalité des questions : il était rare, à ses yeux, qu’un cas se présente sans que les Compagnons – qu’Allâh les agrée – n’en aient parlé ou n’aient traité d’un cas semblable, et la grande étendue de sa connaissance de leurs propos

(1) Le copiste — ainsi qu’Ishāq — a inscrit « وكذلك » (« de même ») et, en dessous, il a ajouté « إسماعيل بن » (« Ismāʾīl ibn ») ; puis la mention « صح » (« correct »). (2) Ismāʾīl ibn Isḥāq ibn Ismāʾīl al-Azdī, connu sous l’épithète Abū Isḥāq, juriste malikite et qāḍī (juge) à Bagdad. Il a composé plusieurs traités de langue, de fiqh et de ḥadīth. Il est décédé en 282 H. Voir : – Tārīkh Baghdād, vol. 7, p. 272. – Shadharāt al-Dhahab, vol. 3, p. 334. – Sīr al-ʿAlām al-Nubalāʾ, vol. 13, p. 339. – Al-Irshād fī Maʿrifat ʿUlamāʾ al-Ḥadīth, vol. 2, p. 607.
وأصحابه كأبي يوسف وغيره من المشهورين بالفتيا في البصرة والكوفة، ولم يبلغه أنَّ أبا حنيفة رجع عن ذلك ووافقه محمد بن الحسن لشهرة العمل بهذا القول في الحجاز والعراق. ثم قال: وإنْ كان في ذلك اختلاف بينَ متقدمي الأئمة من الصحابة والتابعين وبينَ متأخري أهل الحجاز بإيجاب بعضهم في ذلك إذا حلف كفارة يمين، وهذا يريد به خلاف الشافعي ــ رحمه الله تعالى ــ لمالك - رحمه الله - وغيره من الحجازيين؛ إذ كان الشافعي يوجب في ذلك كفارة يمين، فأثبتَ الخلاف المتقدم بين الصحابة والتابعين والمتأخرين الحجازيين، ولم يكن ابن جرير يَعْتَدُّ بخلاف المتأخرين كالشافعي وأحمد وإسحاق وأبي عُبَيد وأبي ثور وغيرهم إن لم يجد في ذلك نزاعًا قديمًا، وكذلك إسماعيل بن إسحاق (١) [٦٢/ أ] القاضي (٢) وأمثاله لا يعتدون بخلاف الشافعي ونحوه. وأحمد بن حنبل كان لا يعتد إلا بخلاف الصحابة والتابعين بعدهم، لا يعتد بخلاف من بعدهم، ولا يكاد يذكر أقوالهم إلا على سبيل المتابعة، لأنَّ الصحابة والتابعين قد تكلموا في عامة الحوادث، قَلَّ عنده أن تقعَ واقعة إلا وقد تكلم الصحابة - رضي الله عنهم - فيها أو في نظيرها، وكان لكثرة علمه بأقوال
(١) كتب الناسخ (وكذلك إسحاق) وتحت (وكذلك) كتب (إسماعيل بن) وبعدها (صح). (٢) إسماعيل بن إسحاق بن إسماعيل الأزدي، أبو إسحاق، فقيه مالكي، قاضي بغداد، صنف تصانيف عدة في اللغة والفقه والحديث، توفي سنة (٢٨٢). انظر: تاريخ بغداد (٧/ ٢٧٢)، شذرات الذهب (٣/ ٣٣٤)، سير أعلام النبلاء (١٣/ ٣٣٩)، الإرشاد في معرفة علماء الحديث (٢/ ٦٠٧).

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