Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

— et Allāh est plus savant — : Il voulait dire qu’aucun vœu (nadhr) n’est exigible tant qu’il n’a pas été formulé ; il ne visait nullement à affirmer qu’aucune expiation (kaffāra) ni aucun vœu ne seraient dus avant la formulation du nadhr, car personne ne soutient une telle opinion. Bien au contraire, l’expiation demeure obligatoire, même en l’absence de vœu explicite. Il est d’ailleurs rapporté de Saʿīd ibn al-Musayyib qu’un tel conditionnement rend l’expiation impérative.

Cela ressort du ḥadīth relaté dans les Sunan d’Abū Dāwūd, par l’intermédiaire de ʿAmr ibn Shuʿayb, de Saʿīd ibn al-Musayyib, d’après ʿUmar : « La Kaʿba n’a nul besoin de ton bien ; acquitte l’expiation de ton serment et parle à ton frère. » (1)

Saʿīd le transmit en y adhérant, non en s’y opposant.

Quant à la question que Ibn Jarīr a soulevée contre lui-même et à laquelle il a répondu, elle repose sur l’un de ses principes directeurs : à savoir que la divergence d’un ou deux savants ne compte pas (2) et que le consensus (ijmāʿ) ne peut s’appuyer que sur un texte ; ce sur quoi la communauté est unanime constitue donc, à ses yeux, une transmission provenant du Prophète — صلى الله عليه وسلم —. Dès lors, lorsque la majorité adopte un avis, cela équivaut pour lui à une transmission collective de cet avis du Prophète — صلى الله عليه وسلم — ; et lorsqu’une divergence apparaît, il s’agit pour lui d’un simple ijtihād.

Il se posa donc l’objection suivante : l’opinion selon laquelle la formule conditionnelle prononcée dans un « vœu de contestation ou de colère » devient obligatoire est celle de la grande majorité des jurisconsultes du Ḥijāz et de l’Irāk — tel est en effet l’avis de Rabīʿa, de Mālik et de la plupart de leurs disciples, connus pour leurs fatwās dans le Ḥijāz —, c’est également l’avis de ʿUthmān al-Battī, ainsi que l’opinion la plus répandue d’Abū Ḥanīfa.

(1) Rapporté par Abû Dâwûd dans ses Sunan (n° 3272) – et par son intermédiaire par al-Bayhaqî dans les al-Sunan al-Kabîr (t. 20/172, n° 20064) ainsi que dans Ma‘rifat al-Sunan wa-l-Āthâr (t. 14/191). Validé comme sahîh par ibn Hibban (t. 10/197) et al-Hâkim (t. 4/333). Ibn al-Madînî – comme le relève le Musnad al-Fârûq (t. 1/552) – le considère toutefois mu‘allaq, car Sa‘îd n’a transmis de ʿUmar qu’un seul récit, portant sur la vision de la Ka‘ba. Voir : al-Badr al-Munîr (t. 9/475). (2) Voir supra (p. 9).
ــ والله أعلم ــ أنه ليس عليه نذر حتى ينذر، لم يرد به أنه ليس عليه كفارة ولا نذر حتى ينذر؛ فإن هذا لا يقوله أحد، بل الكفارة تجب عليه بدون النذر، وقد نقلوا عن سعيد بن المسيب أَنَّ مثل هذا التعليق يوجب الكفارة، كما في الحديث الذي في سنن أبي داود: عن عمرو بن شعيب، عن سعيد بن المسيب، عن عمر أنه قال: إِنَّ الكعبة لغنيةٌ عن مالك، كَفِّرْ يمينك وكَلِّم أخاك (١) . وسعيدٌ نَقَلَهُ نَقْلَ موافقٍ له لا مخالف له. وأما السؤال الذي أورده ابن جرير على نفسه وأجاب عنه فهو مبنيٌ على أصله، وهو أنَّ مِنْ أصلِهِ أنه لا يعتد بخلاف الواحد والاثنين (٢) ، وأنَّ الإجماع لا يكون مستنده إلا نصًّا، فما أجمعوا عليه فهو منقول عن النبي - صلى الله عليه وسلم -؛ فإذا كان الجماهير على قولٍ كان ذلك عنده نقلًا منهم لذلك عن النبي - صلى الله عليه وسلم -، وإذا ظَهَرَ الخلاف كان ذلك اجتهادًا منهم = فأورد على نفسه: أنَّ القول بلزوم المعلق في نذر اللجاج والغضب هو قول عظم متفقهة الحجاز والعراق ــ فإنَّ هذا قول ربيعة ومالك وجمهور أصحابهم وهم المشهورون بالفتيا في الحجاز ــ، وهو قول عثمان البَتِّي، وهو المشهور عن أبي حنيفة
(١) أخرجه أبو داود في سننه (٣٢٧٢) ــ ومن طريقه البيهقي في السنن الكبير (٢٠/ ١٧٢/ ح ٢٠٠٦٤)، وفي معرفة السنن والآثار (١٤/ ١٩١) ــ. وصححه ابن حبان (١٠/ ١٩٧)، والحاكم (٤/ ٣٣٣). وقال ابن المديني ــ كما في مسند الفاروق (١/ ٥٥٢) ــ: هذا منقطع، لأنَّ سعيدًا لم يسمع من عمر إلا حديثًا عند رؤية البيت. انظر: البدر المنير (٩/ ٤٧٥). (٢) انظر ما تقدم (ص ٩).

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