Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

Ibn ʿAbbâs – qu’Allâh l’agrée – a dit : « Le ḥarâm n’est rien ». Or, il n’a jamais été contesté, d’après lui, que cela implique une kafâra, qu’il s’agisse de la grande expiation ou de la petite (1).

Il en est de même pour les Compagnons : aucune divergence n’est rapportée à leur sujet, et pas un seul d’entre eux n’a affirmé que le ḥarâm fût une parole vaine. Cette opinion n’a été transmise que de certains Tâbiʿûn, tel Masrūq (2). De même, on ne tient d’aucun Compagnon que la suspension énoncée dans l’intention d’un serment soit dépourvue d’effet ; quiconque l’a attribuée à l’un d’entre eux – ainsi que l’a imaginé celui qui la soutient – s’est mépris sur leur parole.

Le propos visé ici est que ce genre de formulation est connu dans la langue des Compagnons et des Successeurs : par elle, ils entendent nier la qualification juridique sur laquelle on les interroge – que l’interrogateur croyait nécessaire –, tout en imposant toutefois une kafâra. Ainsi, la parole de ʿÂ’isha rejoint celle d’Ibn ʿAbbâs, de Ṭâwûs et d’autres.

Tous ceux qui ont rapporté l’avis de Ṭâwûs s’accordent à dire qu’il considérait le serment exprimé sous forme de condition comme un serment impliquant une kafâra ; ils l’ont même relaté explicitement au sujet de l’affranchissement (3). Nul, cependant, n’a transmis de lui qu’en matière de divorce, lorsqu’il le suspend à titre de serment, celui-ci serait vain et n’aurait aucune conséquence.

(1) La kafâra majeure est celle du ẓihâr, et la kafâra mineure, celle du serment. (2) Rapporté par ʿAbd al-Razzâq (t. VI/402, h. 11375). Ont également soutenu cette opinion : Abû Salama b. ʿAbd al-Rahmân, ʿAṭâʾ, al-Shaʿbî, Dâwûd, tous les partisans de l’école Ẓâhir, ainsi que la majorité des muhaddithîn. C’est l’une des deux positions des Mālikites, retenue par Aṣbag̱h. Voir : Majmûʿ al-fatâwâ (35/242 et suiv.), al-Fatâwâ al-kubrâ (4/110 et suiv.), Mukhtaṣar al-fatâwâ al-miṣriyya (p. 535), al-Qawâʿid al-kulliyya (pp. 445-448), Iʿlâm al-muwaqqiʿîn (4/450 note importante), Zâd al-maʿâd (5/302). (3) Lecture conforme au manuscrit.
فقد قال ابن عباس: إنَّ الحرام ليس بشيء، مع أنه لم يُختلف عنه أن فيه كفارة؛ إِمَّا الكفارة الكبرى وإِمَّا الصغرى (١) ، وكذلك لم يختلف في ذلك عن الصحابة، ولم يقل أحد من الصحابة إنَّ الحرام لغو، وإنما نقل ذلك عن بعض التابعين كمسروق (٢) ، كما أَنَّ الصحابة لم يُنقل عنهم أَنَّ التعليق الذي يقصد به اليمين لغو، ومَنْ طَرَدَ ذلك عن بعضهم ــ كما ظنه من قال بهذا ــ فقد غلط عليهم. والمقصود بهذا: أَنَّ مثل هذه العبارة معروفٌ في كلام الصحابة والتابعين أنهم يعنون بها نفي الحكم الذي سئلوا عنه ــ الذي ظنه السائل لازمًا ــ وإن كانوا يجعلون في ذلك كفارة، فقول عائشة مثل قول ابن عباس وطاووس وغيرهما، وكل من نقل مذهب طاووس نَقَلَ عنه أنه كان يقول في الحلف بصيغة التعليق: إنها يمين يكفرها حتى (٣) نقلوا ذلك عنه في العتق صريحًا، ثم لم يَنقل أَحَدٌ عنه في الطلاق أنه يَلزم إذا علَّقَهُ على وجه اليمين أن الحلف به لغو لا يلزم.
(١) الكفارة الكبرى هي كفارة الظهار، والكفارة الصغرى هي كفارة اليمين. (٢) أخرجه عبد الرزاق (٦/ ٤٠٢/ ح ١١٣٧٥). وقال بهذا القول أيضًا: أبو سلمة بن عبد الرحمن، وعطاء، والشعبي، وداود، وجميع أهل الظاهر، وأكثر أصحاب الحديث، وهو أحد قولي المالكية، اختاره أصبغ. انظر: مجموع الفتاوى (٣٥/ ٢٤٢ وما بعدها)، الفتاوى الكبرى (٤/ ١١٠ وما بعدها)، مختصر الفتاوى المصرية (ص ٥٣٥)، القواعد الكلية (ص ٤٤٥ - ٤٤٨)، إعلام الموقعين (٤/ ٤٥٠ مهم)، زاد المعاد (٥/ ٣٠٢). (٣) هكذا قرأتها.

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