Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

Tâwûs lui-même considérait le serment assorti du divorce comme un serment contraignant ; il ne le tenait nullement pour une parole vaine. Ainsi, jurer par le divorce constituait pour lui un serment ferme. Néanmoins, il déclara : « Le serment par le divorce n’est rien », c’est-à-dire qu’aucun divorce n’en résulte, même si l’expiation demeure due.

De même, ʿÂʾicha – qu’Allâh l’agrée – estimait que le serment formulé sous la forme d’un vœu était un serment contraignant ; pourtant, elle dit : « Ce n’est rien », c’est-à-dire qu’il n’est pas tenu d’exécuter le vœu auquel il s’est astreint, quand bien même il doit la kafâra.

Saʿîd b. Manṣûr rapporte dans ses Sunan (1) : Ḥammâd b. Zayd nous a transmis, d’après Layth, d’après Tâwûs, au sujet d’un homme qui dit : « Si je ne fais pas telle chose, ma femme est répudiée, si Allâh le veut. » Il a dit : « Il conserve la possibilité de se rétracter, tant pour le divorce que pour l’affranchissement. »

Il rapporta également (2) : Ismâʿîl b. Ibrâhîm nous a transmis, Layth nous a transmis, d’après ʿAtâʾ, Tâwûs, Mujâhid, al-Nakhaʿî et al-Zuhrî, qu’ils dirent, à propos d’un homme qui dit à son épouse : « Tu es répudiée si tu ne fais pas telle chose, si Allâh le veut », puis qu’elle ne la fait pas : « Il lui reste la faculté de revenir sur son engagement. »

Il transmit encore (4) : Ibn al-Mubârak nous a relaté, d’après Maʿmar, d’après Ibn Tâwûs, d’après son père, qu’il jugeait licite l’exception (la clause « si Allâh le veut ») dans le divorce.

Si, en vérité, cette condition n’avait pas constitué à ses yeux un serment contraignant, mais une simple parole vaine n’entraînant ni divorce ni expiation, il n’aurait nullement eu besoin d’y introduire une clause d’exception.

(1) (2/35/Ḥ. 1812). (2) (2/35/Ḥ. 1813). (3) À l’origine : « تفعل » (tafʿalu), attesté dans les Sunan. (4) (2/35/Ḥ. 1814).
وطاووس نفسه كان يرى الحلف بالطلاق يمينًا منعقدة، لم يكن يراها لغوًا، فالحلف بالطلاق عنده يمين منعقدة، ومع هذا قال: ليس الحلف بالطلاق بشيء؛ أي: لا يقع بها طلاق وإن وجبت فيها الكفارة، وهكذا عائشة - رضي الله عنها - الحلف بالنذر عندها يمين منعقدة، وقالت: ليس بشيء؛ أي: لا يلزمه ما التزمه من النذر، وإن كانت فيها الكفارة. فروى سعيد بن منصور في سننه (١) : حدثنا حماد بن زيد، عن ليث، عن طاووس في الرجل يقول: إنْ لم أفعل كذا فامرأته طالق إن شاء الله. قال: له ثنياه في الطلاق والعتاق. وقال ــ أيضًا ــ (٢) : حدثنا إسماعيل بن إبراهيم، حدثنا ليث، عن عطاء وطاووس ومجاهد والنخعي والزهري أنهم قالوا في قول الرجل لامرأته: أَنتِ طالق إنْ لم تفعلي (٣) كذا وكذا إن شاء الله؛ فلم تفعل= فله ثنياه. وقال (٤) : حدثنا ابن المبارك، عن معمر، عن ابن طاووس، عن أبيه أنه كان يرى الاستثناء في الطلاق جائزًا. فلو لم يكن هذا التعليق عنده يمينًا منعقدة، بل كان لغوًا لا يجب به شيء لا طلاق ولا كفارة= لم يحتج إلى استثناء.
(١) (٢/ ٣٥/ ح ١٨١٢). (٢) (٢/ ٣٥/ ح ١٨١٣). (٣) في الأصل: (تفعل)، والمثبت من السنن. (٤) (٢/ ٣٥/ ح ١٨١٤).

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